[EDITO] Condamnation du PM Sonko par la Cour suprême: Quand la toge tient tête au fauteuil

Dans bien des pays, un Premier ministre en exercice ne daignerait même pas lever un sourcil face à une condamnation judiciaire liée à des faits antérieurs à son accession au pouvoir. Mais au Sénégal, les symboles de la démocratie semblent encore porter du poids, et c’est ce que vient confirmer la récente décision de la Cour suprême.
En validant la condamnation d’Ousmane Sonko à six mois de prison avec sursis et à 200 millions de FCFA de dommages et intérêts pour diffamation envers Mame Mbaye Niang, ancien ministre sous Macky Sall, la plus haute juridiction du pays a envoyé un signal fort. Une décision saluée par certains comme la preuve éclatante que nul, fût-il Premier ministre, n’est au-dessus des lois.Le Sénégal, patrie de Léopold Sédar Senghor, continue ainsi d’afficher les traits d’une démocratie où l’indépendance de la justice n’est pas un simple slogan mais une réalité qui tranche. Une justice capable de convoquer un haut responsable de l’exécutif devant ses juges, sans vaciller. Voilà une image rare sur le continent et même au-delà.Certes, cette décision ne remet pas en cause l’éligibilité politique d’Ousmane Sonko, qui peut toujours se présenter à une élection.
Mais sur le plan symbolique, elle montre que la balance de la justice ne penche pas toujours vers les puissants.Cependant, il convient de rester vigilant. Car si l’indépendance de la justice est à saluer, elle doit être constante, équitable et imperméable à toute instrumentalisation. Il ne doit pas exister une justice de circonstance, à géométrie variable, ni de verdicts dictés en coulisses. La justice ne doit être ni une arme, ni un refuge, mais un pilier solide et impartial de l’État de droit.C’est à ce prix que le Sénégal pourra continuer à inspirer, à défendre sa démocratie et à préserver l’intégrité de ses institutions, malgré les tempêtes politiques et les clameurs de la rue.
La Rédaction



