Entretien
A la Une

« Le 8-Mars doit être un moment de réflexion et d’actions concrètes pour améliorer les conditions de vie des femmes »

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Claire Nikiéma /Pacmogda, promotrice de CFAP International, met en lumière l’importance de la formation professionnelle et de l’entrepreneuriat féminin dans la construction d’une société plus stable et prospère. A travers ses actions dans le domaine de la couture et de la valorisation des tenues traditionnelles, elle œuvre pour l’autonomisation des jeunes filles et des femmes.

Promotrice de CFAP International, une structure spécialisée dans la couture de haute qualité, la valorisation des tenues traditionnelles et la formation professionnelle, Claire Pacmogda explique que son engagement s’inscrit dans une volonté de promouvoir le savoir-faire local tout en accompagnant la jeunesse vers l’autonomie. « A travers notre travail, nous contribuons à la promotion du savoir-faire burkinabè et à l’autonomisation des jeunes, notamment des femmes », affirme-t-elle. Son parcours dans la mode est avant tout une histoire de passion et de découvertes. Elle explique que son intérêt pour la couture s’est nourri de ses expériences et de ses voyages dans plusieurs pays africains. « Ma passion pour la couture est née de mon amour pour le travail bien fait et pour les tissus africains. Après plusieurs voyages dans des pays comme le Mali, le Sénégal, le Togo, la Suède, le Nigeria, l’Angleterre ou encore Dubaï j’ai découvert la richesse du textile africain. Cela m’a motivée à créer CFAP International afin de valoriser nos tenues traditionnelles et transmettre ce savoir-faire aux jeunes », confie-t-elle.

Comme de nombreuses femmes entrepreneures, son parcours n’a pas été exempt d’obstacles. Elle évoque notamment les difficultés liées au financement et aux moyens techniques. «Comme beaucoup de femmes entrepreneures, j’ai dû faire face aux difficultés d’accès au financement, au manque d’équipements modernes et parfois au manque de confiance envers les jeunes entreprises. Mais avec la persévérance, la formation et la passion du métier, nous avons pu progresser », souligne-t-elle. A travers la formation qu’elle dispense, Claire Pacmogda voit dans la couture un levier concret d’autonomisation économique. « La couture est un métier qui permet d’avoir rapidement une source de revenus. A travers nos formations, nous donnons aux jeunes filles et aux femmes les compétences nécessaires pour créer leur propre activité et gagner leur indépendance financière », explique-t-elle. S’exprimant sur l’orientation donnée cette année à la célébration du 8-Mars au Burkina Faso, elle estime que la volonté des autorités de privilégier des actions concrètes constitue une évolution positive.

« Je pense que c’est une orientation positive. Le 8-Mars doit être un moment de réflexion et d’actions concrètes pour améliorer les conditions de vie des femmes, notamment à travers la formation, l’entrepreneuriat et l’accompagnement des initiatives féminines », indique-t-elle. Elle reconnaît également que, par le passé, la célébration de cette journée avait parfois perdu de sa portée initiale. « Dans certains cas, la célébration avait pris un aspect trop festif. Pourtant, l’objectif premier de cette journée est de défendre les droits des femmes et de promouvoir leur développement. Il est donc important de revenir à cet esprit », estime-t-elle. Pour elle, célébration et engagement concret peuvent aller de pair si les initiatives sont bien orientées.« Il faut associer les activités festives à des actions utiles comme des formations, des conférences, des initiatives économiques ou des projets d’accompagnement pour les femmes », propose-t-elle. Dans cette dynamique, Claire Pacmogda estime que le secteur de la mode peut également jouer un rôle important dans la construction d’une paix durable.

« La mode peut créer des emplois, valoriser notre identité culturelle et favoriser l’autonomisation économique. Une femme économiquement indépendante est souvent un pilier de stabilité dans sa famille et dans sa communauté », souligne-t-elle. Elle insiste également sur la place centrale que doit occuper la femme entrepreneure dans la transformation économique et sociale du pays. « La femme entrepreneure doit être au cœur de cette transformation. Elle participe à la création d’emplois, à l’innovation et à la transmission des valeurs de travail et de solidarité », affirme-t-elle.A travers CFAP International, plusieurs initiatives sont mises en œuvre pour renforcer l’autonomie économique des femmes. «Nous organisons des formations professionnelles en couture, nous accompagnons les apprenantes dans la création de leurs activités et nous valorisons les tissus et tenues traditionnelles afin de créer des opportunités économiques durables », explique-t-elle.

Pour la promotrice, la formation professionnelle demeure également un facteur essentiel de stabilité sociale. «Lorsque les jeunes ont un métier et un revenu, ils deviennent plus autonomes et contribuent positivement à la société. La formation professionnelle est donc un outil essentiel pour le développement et la stabilité », souligne-t-elle. S’adressant enfin aux jeunes filles qui hésitent encore à apprendre un métier, Claire Pacmogda les encourage à croire en leurs capacités. « Apprendre un métier est une richesse qui peut transformer une vie. Avec de la détermination et du travail, elles peuvent devenir des entrepreneures accomplies », conclut-elle, tout en invitant les femmes burkinabè à rester « fortes, solidaires et engagées » pour contribuer au développement du pays.

Djamal Ouédraogo/LA PLUME

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page