
Dans la ville de Ouagadougou, nombreux sont ceux qui pratiquent le jardinage ou encore la maraîchéculture. Entre passion et vocation professionnelle, ces derniers cultivent toutes sortes de spéculations qui entrent dans le quotidien alimentaire des Ouagavillois. Le 15 janvier 2025, le temps d’une matinée, nous sommes allés à la rencontre de quelques-uns, installés sur les berges du barrage de Tanghin.
« Il n’y a pas de sot métier, il n’y a que de sottes gens » a-t-on coutume de dire. Et tout métier nourrit son homme à condition qu’on s’y engage avec volonté. Né d’un père cultivateur, Yves Coulibaly est passionné de la terre depuis le bas âge, il n’a donc pas hésité à se lancer dans le jardinage dès que l’occasion s’est présentée à lui de disposer d’un espace en plus de son occupation professionnelle. Malgré le fait que l’espace aménagé soit restreint, il arrive à l’optimiser pour produire diverses spéculations comme le gombo, les courgettes, les feuilles d’oignons, la laitue (salade), des concombres et bien d’autres.

Pour M. Coulibaly, concilier jardinage et activité professionnelle n’est pas chose aisée ; car cela demande de l’abnégation, de la volonté, de l’ambition et surtout beaucoup de sacrifice et de don de soi. Lui qui est obligé de se priver de ses jours de repos ainsi que ses temps libres pendant et après le service pour vaquer à ses occupations jardinières. A la question de savoir si le jardinage nourrissait son homme, Yves Coulibaly a répondu que la terre ne ment pas. « La maraîchéculture nourrit très bien son Homme. Comme on le dit souvent, la terre nourrit son Homme si toutefois celui-ci l’entretient bien », a-t- il poursuivi.

Un peu plus loin, Awa Sawadogo qui pratique le jardinage il y a de cela quelques années. Dans son potager, elle a mis en avant la culture des feuilles de laitue, la carotte et la menthe, pour ne citer que ceux-là. Par manque de motopompe, elle est obligée d’aller puiser l’eau à l’aide d’un arrosoir pour arroser ces spéculations. Autre difficulté évoquée, il y a le fait que la majorité de ses clients prennent ses produits à crédit. « Certains ont souvent du mal à rembourser, d’autres même ne sont pas en mesure de payer la totalité, ce qui ralenti le rendement », regrette dame Sawadogo, qui dit faire face aussi aux voleurs de nuit qui viennent se servir et en grande quantité à leur absence. Nonobstant ces difficultés qu’elle rencontre, Awa arrive à faire de bonnes affaires. Mieux, elle parvient tant bien que mal à être financièrement indépendante et à subvenir aux besoins élémentaires de sa petite famille.

Elève en classe de 4e, Rasmané Bandé, la vingtaine environ, aide ses parents dans leurs tâches. Il ne trouve aucun inconvénient à donner un coup de main à ses géniteurs qui ont fait du jardinage leur gagne-pain. « ça ne me dérange pas de venir de temps en temps aider mes parents à travailler parce que, c’est grâce à cette activité qu’ils arrivent à payer ma scolarité et à prendre soin de la famille », reconnait le jeune garçon. Comme son prédécesseur, Rasmané a également relevé quelques difficultés, qui selon lui, impactent négativement leur activement. Il s’agit de la cherté des intrants notamment les semences ainsi que le manque de matériel nécessaire à la pratique du jardinage. Mais qu’à cela ne tienne, tous sont d’avis qu’ils peuvent apporter leur contribution dans l’offensive agricole initiée par le président du Faso. C’est pourquoi, ils en appellent aux autorités pour un appui conséquent en intrants et matériels, toute chose qui permettra de meilleurs rendements.
Fatou Toé (stagiaire)
LA PLUME



