Ouagadougou : Les responsables et leaders d’opinion sensibilisés sur les enjeux de l’officialisation des langues nationales

Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique linguistique du Burkina Faso et du plan triennal glissant , le ministère de l’enseignement de base, de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales (MEBAPLN), à travers le secrétariat permanent de la promotion des langues nationales a organisé une session de sensibilisation à l’intention des responsables et leaders d’opinions des différentes régions du pays. Cette session de sensibilisation qui vise à informer ces derniers sur les modalités pratiques et les enjeux de l’officialisation des langues nationales au Burkina Faso se tient du 27 au 28 janvier 2025 à Ouagadougou.
Dans son discours d’ouverture, Jacques Sosthène Dingara, ministre de l’Enseignement de base de l’alphabétisation et de la promotion des langues nationales a rappelé les mesures déjà prises pour la promotion des langues nationales, notamment l’adoption de la politique linguistique assortie d’une stratégie nationale de promotion des langues nationales et la révision constitutionnelle de décembre 2023, qui a abouti à l’adoption de la loi 045-2023/ALT. Selon lui, cette révision a permis l’officialisation des langues nationale, faisant d’elles des langues officielles du Burkina Faso, ce qui constitue un pas majeur dans l’affirmation de la souveraineté linguistique. D’autres actions incluent la création d’organismes comme le Secrétariat permanent pour la promotion des langues nationales et la Commission nationale des langues.

Cependant, le ministre a insisté sur le fait que l’enjeu de l’officialisation des langues nationales ne se limite pas à une question administrative ou technique. « L’officialisation des langues nationales, loin d’être un acte symbolique et folklorique, représente un pas vers la promotion d’une communication fonctionnelle plus inclusive, qui prend en compte la diversité linguistique et culturelle du Burkina Faso », a-t-il expliqué. Selon lui, cet acte est fondamental pour l’inclusion sociale et le développement durable, car il permet à chaque citoyen d’accéder aux services publics, à l’éducation et à l’information dans la langue qu’il maîtrise. Le ministre Dingara a également souligné l’importance de la sensibilisation des responsables et des leaders d’opinion à cette démarche.

« En tant que responsables déconcentrés et leaders d’opinion, je vous invite à être des ambassadeurs de ce projet au sein de vos communautés et de vos institutions », dit-il, soulignant que leur engagement est crucial pour réussir ce processus et faire des langues nationales des instruments de cohésion sociale et d’épanouissement pour toute la population. Un autre point important qu’il a abordé est bien évidemment la question de l’apprentissage des langues nationales par les non-locuteurs. Jacques Sosthène Dingara a pris l’exemple d’un locuteur de Julaphone à Bobo-Dioulasso qui pourrait apprendre le mooré, ou inversement, pour illustrer la nécessité de développer des outils d’apprentissage accessibles. « Nous devons travailler à disponibiliser ces outils linguistiques qui transcendent la transcription pour atteindre l’apprentissage des langues nationales par les non-locuteurs », a-t-il exhorté.

Le ministre s’est dit optimiste quant à l’impact de cette session de sensibilisation. « Je suis convaincu que cette session permettra des échanges fructueux, où chacun pourra apporter sa pierre à l’édifice de l’officialisation des langues nationales et ainsi contribuer à construire un avenir plus inclusif et plus harmonieux pour notre cher pays, le Burkina Faso», a ajouté le ministre. L’autorité a par ailleurs invité tous les participants à prendre à cœur leur rôle dans cette initiative en tant qu’ambassadeurs du projet de promotion des langues nationales.
Bernadine Ouédraogo
Fatou Toé (stagiaire)
LA PLUME



