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Burkina/Travaux d’intérêt commun : Une initiative appréciée par des Ouagavillois

Feux tricolores ignorés, jeunes en pleine acrobatie sur la voie publique, des ordures jetées hors des poubelles… Autant d’incivisme qui draine dans nos grandes villes.  Face à cette situation, les autorités ont décidé de passer à une autre forme de répression : les travaux d’intérêt commun (TIC), désormais imposés aux contrevenants pris en flagrant délit.

Cette mesure, bien que nouvelle pour beaucoup, trouve un certain écho favorable au sein de la population. Elle traduit une volonté d’éduquer autrement, de sanctionner sans exclure, et de responsabiliser à travers des actes concrets au bénéfice de tous. Une initiative qui, pour être efficace, nécessite l’adhésion des citoyens. C’est justement ce que LA PLUME a voulu mesurer en allant à la rencontre des usagers. Sur le terrain, les réactions sont globalement positives, même si quelques nuances apparaissent. Pour Pierrette Ouédraogo, Etudiante en droit, la pertinence de la mesure ne fait aucun doute. « Je pense que l’initiative est très bonne d’une part parce que cela aide à développer le pays »,  a-t-elle déclaré. En effet, s’explique-t-elle, faire participer les contrevenants à l’entretien des espaces publics ou à la propreté urbaine revient à leur faire ressentir, d’une manière concrète, l’importance du bien commun.

Pierrette Ouédraogo, Etudiante en droit

Toutefois, elle souligne une réserve importante : « Certaines personnes peuvent sortir avec des programmes très urgents… l’idéal pour ces personnes est de prendre leurs documents et qu’ils passent plus tard pour régler la contravention ». Autrement dit, la mesure gagnerait à être appliquée avec un minimum de flexibilité, afin d’éviter de perturber certaines urgences personnelles. De l’avis de Ouattara Babou, usager de la route, le constat est sans appel. « Il y a trop d’indiscipline dans le pays. Les gens font du n’importe quoi dans les rues », a-t-il déploré avant de saluer cette nouvelle approche comme une réponse courageuse et adaptée à la situation. « Si par cette action on peut amener les gens à être disciplinés, je suis tout à fait d’accord », a-t-il confié. Pour lui, ces travaux sont autant un moyen de réparer les fautes qu’un levier pour restaurer l’ordre et le respect sur nos voies publiques.

Ouattara Babou, usager de la route

Asmao Ouédraogo, va plus loin, en élargissant la portée de l’initiative à l’ensemble du cadre de vie. « Cette initiative va réduire le nombre d’accidents de circulation et discipliner les jeunes sur les acrobaties. C’est aussi une très belle initiative pour rendre notre environnement propre », a-t-elle indiqué tout en insistant sur l’importance de l’adhésion collective. « En tout cas, nous sommes engagés à accompagner de telles initiatives », rassure-t-elle. À travers ces témoignages, une idée ressort clairement : la sanction prend un visage nouveau. Elle ne se limite plus à une simple contravention. Elle devient une école du civisme, une manière d’apprendre par l’action, de servir la société et d’assumer ses responsabilités. Balayer une rue, désherber un espace public, repeindre un mur, ce sont des gestes simples, mais lourds de sens quand ils sont posés par celui ou celle qui a contribué à salir ou à enfreindre les règles.

Asmao Ouédraogo

En fin de compte, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de la gouvernance : celle d’une citoyenneté active, où chaque individu participe à la construction de la société. Le Burkina Faso, à travers cette décision, donne un exemple de modernité dans la manière de gérer l’incivisme non pas par la violence ou l’abandon, mais par l’engagement, la pédagogie et le retour au collectif. À condition que cette politique soit appliquée de manière équitable, sans abus ni arbitraire, elle peut devenir un pilier du vivre-ensemble, un rappel constant que « nos droits s’arrêtent là où commencent ceux des autres », et que chacun a un rôle à jouer dans le développement de la nation.

Salfo Zabré

LA PLUME

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