Burkina/Universités publiques: Lancement d’une campagne d’évaluation sur la situation des retards académiques

Dans le cadre de la normalisation des années académiques dans les universités publiques, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a lancé ce vendy 30 mai 2025, une campagne d’évaluation des retards académiques au sein de plusieurs établissements, notamment l’Université Joseph Ki-Zerbo et l’Université Nazi Boni. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des efforts entamés depuis 2024 pour résorber les décalages dans les calendriers universitaires. L’objectif est de mesurer l’ampleur des retards dans chaque Unité de Formation et de Recherche (UFR) afin de prendre des mesures fortes en vue de leur résorption définitive.

Le professeur Nicolas Barro, conseiller technique au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), a précisé que cette mission vise à évaluer l’état d’avancement des activités pédagogiques dans les établissements concernés. Il a noté que le ministre a souhaité une évaluation de terrain, en contact direct avec les acteurs clés : chefs de départements, directeurs adjoints, directeurs des UFR, ainsi que les délégués de promotion, afin d’obtenir un état des lieux précis.

Selon Nicolas Barro, cette mission est essentielle car le ministère vise l’objectif « zéro retard » dans toutes les universités du pays. « Pour mener à bien ce travail, il est tout à fait normal que nous descendions sur le terrain afin de constater le déroulement des activités, d’apporter des conseils et de rappeler le calendrier universitaire, pour que les activités soient menées conformément à ce dernier », a-t-il expliqué. Ce dernier a ajouté que l’évaluation concerne pour l’instant deux grandes universités : Joseph Ki-Zerbo et Nazi Boni. Depuis le 26 mai, les équipes sont mobilisées, avec l’objectif de finaliser leur rapport d’ici le 2 juin. À en croire les premiers éléments recueillis, des efforts importants ont été observés dans plusieurs départements. « Pour les bacheliers de 2024, tous les départements et UFR que nous avons visités s’efforcent de respecter le calendrier normal, qui prévoit la fin des activités académiques au 31 juillet 2025 », a-t-il affirmé. Une analyse approfondie du chronogramme est toutefois prévue, pour déterminer si des mesures d’accompagnement supplémentaires sont nécessaires.

Le professeur Diallo Ismaël, directeur adjoint de l’UFR Sciences de la Santé (SDS), a salué l’engagement des enseignants et des étudiants dans la dynamique de résorption des retards. « Nous avons accompli des avancées importantes, même s’il reste encore des efforts à fournir dans certaines promotions », a-t-il souligné. Le Pr Diallo Ismaël a précisé que l’UFR SDS comprend quatre filières : médecine, chirurgie dentaire, pharmacie et techniciens supérieures de santé. Selon le DG adjoint de UFR SDS, la filière médecine est en bonne voie, contrairement à la pharmacie, où des efforts significatifs restent à fournir pour espérer un retour à la normale d’ici la rentrée prochaine. En ce qui concerne la chirurgie dentaire, les progrès sont moindres mais réels. Pour les techniciens supérieurs de santé, il estime que la situation pourrait se stabiliser d’ici le mois d’octobre.

Rodolphe Arzouma Zombré, étudiant en 2e année de médecine à l’Université Joseph Ki-Zerbo, a confirmé qu’un retard est bien observé dans leur filière. « Nous avons commencé l’année académique en février seulement, et il reste encore beaucoup à faire avant de la clôturer », a-t-il déclaré. L’étudiant en deuxième année en médecine a pointé deux difficultés majeures : l’indisponibilité des salles de cours et l’absence fréquente de professeurs, souvent mobilisés dans les hôpitaux. Rodolphe Zombré a exprimé le souhait de voir augmenter le nombre d’amphithéâtres et de professeurs pour assurer un cursus normal.

Jean Célestin Ky, conseiller technique du ministre, a insisté sur l’importance de cette mission . Il a précisé que l’évaluation porte sur des promotions ciblées : celles des bacheliers 2022, 2023 et surtout 2024. A l’en croire Le ministre a insisté pour que tous les étudiants issus du BAC 2024, ayant commencé les cours en octobre 2024, terminent l’année universitaire au 31 juillet 2025. « Le ministre a été clair : tous les bacheliers 2024 doivent achever leur année académique au plus tard le 31 juillet 2025», a-t-il confié.
Adjaratou Séré
LA PLUME



