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Ouidtenga : Des habitants crient à l’injustice foncière et sollicitent l’arbitrage du Président du Faso

A Ouidtenga, dans l’arrondissement 11 de Ouagadougou, des habitants réunis au sein d’un collectif ont dénoncé ce 15 juillet, une opération de pose de balises sur leurs terrains, qu’ils estiment illégale. Malgré des acquisitions jugées régulières, ils se retrouvent confrontés à une situation d’expropriation qu’ils qualifient d’abusive. Face à cette impasse, ils appellent les plus hautes autorités, dont le Président du Faso, à intervenir.

Les habitants de Ouidtenga ont tenu, ce lundi 15 juillet 2025, une conférence de presse pour alerter sur ce qu’ils considèrent comme une « injustice foncière » en cours dans leur quartier. Regroupés en collectif, ces résidents affirment avoir acquis leurs parcelles en toute légalité auprès de trois sociétés immobilières agréées : NIPAB, ZAGRACHE et MIC, qui avaient procédé au lotissement de la zone en 2021.Cependant, une société dénommée IMMOREX est apparue en 2022, revendiquant la propriété des lieux. Une procédure judiciaire a été engagée, à l’issue de laquelle IMMOREX aurait été déboutée en première instance puis en appel.

Malgré cette décision, les habitants disent avoir été surpris de constater, fin juin 2025, la publication d’un arrêté interministériel immatriculant un terrain situé à Guiguemtenga, dans la commune de Koubri, au nom de l’État. Ils estiment que cet arrêté, qui ne concerne pas leur localité, a servi de base à l’implantation de balises à Ouidtenga.Selon Jacob Ouédraogo, porte-parole du collectif, cette opération de marquage a été lancée sans préavis, ni concertation, ni même information du chef coutumier local. « Les balises ont été posées sans que les propriétaires, les habitants ou le chef ne soient informés. C’est une violation manifeste de nos droits », a-t-il dénoncé. Il ajoute que des justifications orales ont été avancées, faisant état d’une décision prise au plus haut niveau de l’État. Pourtant, après vérification, aucune trace de cette décision n’apparaît dans les comptes rendus officiels du Conseil des ministres.

Le 23 juin dernier, les agents de l’urbanisme, accompagnés des forces de l’ordre, ont entamé les travaux d’implantation. Des tensions ont éclaté, notamment lors de la visite d’une délégation ministérielle chez le chef coutumier le 3 juillet. D’après le collectif, des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les riverains, faisant plusieurs blessés et entraînant des arrestations.Autre point de crispation, les conférenciers ont soutenu que certaines balises ont été plantées dans le domaine même du chef de Ouidtenga. Toute chose que beaucoup d’habitants perçoivent comme une provocation grave. Atiaribou Assona Brice, membre du collectif, affirme que « les agents ont investi les lieux à notre insu, sans qu’on sache ce qui se cache réellement derrière cette opération ».Le collectif affirme avoir adressé une demande d’audience au ministre de l’Urbanisme, restée sans réponse. Il souhaite désormais porter sa voix jusqu’au Président du Faso.

« Nous avons confiance en la vision du capitaine Ibrahim Traoré pour un Burkina de justice et de cohésion sociale. Nous voulons lui exposer directement notre situation », plaide Jacob Ouédraogo.Les habitants de Ouidtenga se disent déterminés à poursuivre leurs démarches par des voies strictement légales afin de faire valoir leurs droits et éviter une expropriation qu’ils jugent injustifiée. Ils affirment garder espoir qu’une solution équitable sera trouvée, à condition que les autorités prennent véritablement la mesure de leur détresse.

Djamal Ouédraogo 

LA PLUME

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