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25 ans du Conseil constitutionnel du Burkina Faso: Un quart de siècle au service de la souveraineté et de l’Etat de droit

A l’occasion de ses 25 années d’existence, le Conseil constitutionnel du Burkina Faso a initié un colloque international du 29 au 31 juillet 2025 à Ouagadougou. La cérémonie d’ouverture s’est tenue sous le très haut patronage du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, représenté par son Premier ministre, et le parrainage du docteur Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative de transition. Placé sous le thème : « Deux décennies de fonctionnement du Conseil constitutionnel : contribution à la construction de l’État de droit et perspectives », l’événement a réuni des personnalités du monde juridique d’Afrique de l’Ouest et au-delà.

Le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a représenté le chef de l’Etat à la cérémonie

Dans son allocution, le président du Conseil constitutionnel, Barthélémy Kéré, a salué la mémoire des forces de défense et de sécurité engagées pour la paix et la sécurité du pays. Revenant sur l’histoire de l’institution, il a rappelé son ancrage dans la loi organique du 27 avril 2000 et sa première décision rendue en juillet 2003. En 25 ans, ce sont plus de 800 décisions et avis qui ont forgé la jurisprudence du Conseil. Le président Kéré a mis en lumière la résilience de l’institution face aux épreuves majeures, notamment l’insurrection populaire de 2014 et les élections de 2020, affirmant que « en temps de paix comme en temps de crises, il ne s’est pas dérobé à sa charge ». Il a également interpellé la communauté juridique sur la nécessité d’un enracinement local des pratiques constitutionnelles, estimant que la démocratie doit être « substantielle, vraie, portée par les aspirations populaires ».

Barthélémy Kéré, président du Conseil constitutionnel

Présent à la cérémonie, le représentant résident par intérim du PNUD, Eloi Kouadio IV, a salué cette initiative qui consacre une étape majeure dans la vie d’une juridiction. Il a souligné le partenariat du PNUD dans l’organisation de ce colloque, notamment à travers le programme « Building Resilient Democratic Institutions and Processes » et la publication d’un recueil commenté de la jurisprudence du Conseil. Pour lui, ces actions s’inscrivent dans un objectif commun : consolider des institutions fortes, au service d’une gouvernance démocratique vertueuse et d’un Burkina pacifique.Représentant le président du Faso, le Premier ministre Jean Emmanuel Ouédraogo a exprimé la gratitude de l’État aux délégations venues du Bénin, du Mali, du Niger, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, du Togo et de Madagascar. Il a rappelé que l’institution constitutionnelle est le fruit des réformes issues du Forum national sur la justice et consacre, à travers l’article 152 de la Constitution, un organe essentiel en matière constitutionnelle et électorale.

Eloi Kouadio IV, représentant résident par intérim du PNUD

Lisant le discours du chef de l’État, il a souligné que ce jubilé d’argent est l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Dans un appel fort, il a plaidé pour que la Constitution soit « sortie du cercle de quelques personnes éclairées » et orientée vers le peuple. Il a insisté sur l’urgence, pour les juridictions africaines, de repenser leurs fonctions selon les réalités locales, car selon ses mots, « les changements profonds auxquels aspirent nos peuples se feront difficilement avec des modèles pensés ailleurs ».Clôturant son intervention, il a réaffirmé le rôle stratégique du Conseil comme « régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, d’arbitre du jeu politique et d’acteur de la construction d’un État de droit pour la refondation du Burkina Faso». Il a assuré les membres du Conseil du soutien du gouvernement dans l’accomplissement de cette mission essentielle.

Djamal Ouédraogo 

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