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Adja Bonkoungou, guérisseuse: « La médecine traditionnelle et moderne se complètent »

Le 2 septembre 2025, à Zagtouli, Adja Bonkoungou, guérisseuse reconnue par le ministère de la Santé et décorée pour ses actions, a partagé son parcours et sa vision de la médecine traditionnelle. Pour elle, cette pratique, enracinée dans la culture burkinabè, se complète avec la médecine moderne et continue de jouer un rôle essentiel dans la société.

Adja Bonkoungou dit avoir reçu son don de guérisseuse en 2016 avec la grossesse de son enfant

Adja Bonkoungou affirme avoir reçu son don divin à travers la grossesse de son enfant en 2016. Depuis, elle dit avoir accompli de nombreux miracles, jusqu’à soigner des personnes en 2019 à la Mecque. « Ceux qui me connaissent savent que je ne fais pas de distinction, tout le monde vient chez moi. Ma priorité, c’est la population. On ne divise pas, on ne sépare pas. Nous sommes de la même famille », insiste-t-elle, précisant avoir reçu des patients burkinabè, mais aussi des étrangers, y compris des Européens et des Chinois. Reconnu par les autorités, son travail est officiellement encadré par un document du ministère de la Santé qui lui permet d’exercer. Elle a même été décorée pour ses bienfaits.

« Je remercie le président actuel parce qu’il a beaucoup considéré la médecine traditionnelle. On est fier de lui », confie-t-elle. Pour elle, la médecine traditionnelle et moderne ne sont pas opposées mais complémentaires. « La médecine traditionnelle et moderne se complètent»,a-t-elle affirmé. Elle assure orienter les cas de paludisme ou d’autres maladies vers les centres de santé et recevoir en retour des malades lorsque la médecine moderne se trouve impuissante, notamment face à des « attaques mystiques ».

En reconnaissance de sa collaboration, elle a été désignée marraine au CMA de Boulmiougou. Pour Adja Bonkoungou, les atouts de la médecine traditionnelle résident dans sa capacité à traiter certains maux que la science moderne ne parvient pas à expliquer. Toutefois, elle insiste sur la nécessité d’encadrer les pratiques : « Il est bon que les tradipraticiens aient des documents reconnus par le ministère de la Santé avant d’exercer. Quand on sait qu’on ne peut pas soigner une personne, on la réfère au lieu de prendre son argent. » Elle dénonce ainsi les comportements de certains guérisseurs qui, par avidité ou par ignorance, nuisent à la crédibilité du métier. Sa renommée l’a conduite à voyager au-delà des frontières du Burkina Faso. Cette année, elle a entrepris une tournée en Côte d’Ivoire, passant par Divo, Daloa, Yamoussoukro, Méagui et Abidjan.

« J’ai fait plusieurs miracles là-bas. C’est Dieu qui est fort », témoigne-t-elle. Fière de ses racines, elle appelle la jeunesse burkinabè à ne pas négliger ses traditions : « Il ne faut pas considérer plus la tradition des blancs et laisser la nôtre. Les blancs utilisent aussi les plantes dans leur médecine moderne. Donc il faut que nous valorisions notre tradition comme le capitaine Ibrahim Traoré notre président qui valorise le Burkina Faso. ». Elle dit être joignable au 76229111.

Djamal Ouédraogo

LA PLUME

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