
La relation entre Paris et Alger ressemble désormais à un feu mal éteint. Les braises couvent, prêtes à raviver l’incendie au moindre souffle. La dernière étincelle est une lettre d’Emmanuel Macron appelant à plus de fermeté face à l’Algérie, sur fond de tensions migratoires et de détentions jugées arbitraires de ressortissants français.
La riposte algérienne ne s’est pas fait attendre. Alger a dénoncé l’accord sur l’exemption de visas diplomatiques, déjà suspendu par la France. Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série de crispations qui, depuis plus d’un an, minent la confiance entre les deux rives de la Méditerranée. Derrière les mots officiels et les formules diplomatiques, c’est une coopération jadis stratégique qui se retrouve aujourd’hui en pointillé, sacrifiée sur l’autel des rancunes politiques et des calculs intérieurs.
Or, France et Algérie n’ont pas seulement une histoire commune : elles partagent des enjeux cruciaux en matière de sécurité, d’économie et de mobilité. En laissant la discorde s’installer durablement, les deux capitales prennent le risque d’hypothéquer des décennies de dialogue laborieusement bâti. Il faudra plus que des échanges de lettres et de communiqués pour recoller les morceaux.
Il faudra du courage politique, de l’écoute et un vrai geste de réconciliation. Sans cela, la flamme ne brûlera plus que pour rappeler la distance qui sépare aujourd’hui deux partenaires pourtant condamnés à s’entendre.
La Rédaction



