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[ÉDITO]-Burkina : Entre résilience militaire et Révolution populaire, le pari du changement

Depuis trois ans, le Burkina Faso vit une période singulière de son histoire contemporaine, marquée par une volonté affirmée de rupture avec les anciennes pratiques politiques et une réponse ferme aux défis sécuritaires. La récente interview du président met en lumière une double détermination : renforcer les capacités de défense nationale et initier une transformation profonde de la société. Sur le plan militaire, le chef de l’Etat détaille un parcours semé d’obstacles.

Face au refus de certaines puissances de fournir des armes, le Burkina Faso a su se tourner vers des partenaires prêts à vendre, tout en mettant l’accent sur le recrutement massif des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) et l’équipement de l’infanterie. Aujourd’hui, chaque année, entre 10 000 et 15 000 hommes sont formés et armés, et un plan ambitieux vise désormais à produire localement des armements, ouvrant la perspective d’« armes made in Burkina ». Au-delà des équipements, c’est l’engagement et la résilience des troupes qui constituent le pilier du moral national.

Les soldats, affirme le président, sont prêts à défendre le territoire avec détermination, refusant toute substitution extérieure. La guerre, selon lui, dépasse la lutte contre le terrorisme. Elle est également une bataille pour l’indépendance et la maîtrise des ressources nationales, face aux ingérences et à l’encerclement par certains Etats voisins et puissances impérialistes. La mise en place d’une école militaire supérieure et la formation autonome des soldats témoignent de la volonté de préserver l’armée burkinabè de toute influence extérieure et de renforcer l’autonomie stratégique du pays.

Sur le plan politique et social, la Révolution progressiste populaire vise à refonder les mentalités et les pratiques. La lutte contre la corruption, la bonne gouvernance et la redistribution équitable des richesses constituent des axes majeurs. L’éducation, depuis l’enfance jusqu’aux jeunes adultes, est envisagée comme un levier de changement profond. L’immersion des bacheliers dans des réalités contrastées, l’encadrement des plus petits et la réforme des structures coutumières et foncières illustrent cette approche holistique.

L’objectif est de former des citoyens conscients, solidaires et capables de contribuer activement à la cohésion sociale et à la prospérité nationale. La relation avec les syndicats et les médias est également revisitée. L’appel est à un engagement responsable et patriotique qui consiste à dialoguer, résoudre les problèmes dans l’intérêt du pays, et s’éloigner des logiques de manipulation externe ou d’influence impérialiste. Au cœur de cette démarche, une conviction claire émerge : la révolution n’est pas seulement un projet de pouvoir, mais un projet de société.

Le Burkina Faso entend construire son avenir par lui-même, alliant discipline, autonomie et justice sociale, tout en assurant la sécurité et la défense de la patrie face à une adversité croissante. Dans ce contexte, la question du leadership ne se limite pas à rester en vie pour exercer le pouvoir ; elle consiste à protéger la nation, mobiliser son peuple et garantir la continuité de cette Révolution populaire.

La Rédaction

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