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Trois opération, une souveraineté : La Douane écrit sa présence de l’Est au Centre-Ouest 

La lutte contre les trafics illicites, loin de se réduire à une succession d’interpellations spectaculaires, constitue aujourd’hui l’une des expressions les plus concrètes de la souveraineté économique, environnementale et sanitaire de l’État. À travers trois opérations récentes à 𝐥’𝐄𝐬𝐭, 𝐚𝐮 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐞 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞-𝐎𝐮𝐞𝐬𝐭, les unités douanières ont rappelé, avec une rigueur méthodique, que le territoire national n’est ni un corridor de complaisance ni un laboratoire d’expérimentation pour les réseaux clandestins.

Dans le 𝐂𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞-𝐎𝐮𝐞𝐬𝐭, 𝐥𝐚 𝐁𝐫𝐢𝐠𝐚𝐝𝐞 𝐌𝐨𝐛𝐢𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐊𝐨𝐮𝐝𝐨𝐮𝐠𝐨𝐮 a conduit une opération d’une ampleur significative, révélatrice de la profondeur des mutations du commerce illicite. Le ratissage a permis 𝐥𝐚 𝐬𝐚𝐢𝐬𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐦𝐢𝐥𝐥𝐞 (𝟏𝟎𝟎𝟎) 𝐜𝐚𝐫𝐭𝐨𝐮𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐢𝐠𝐚𝐫𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬, 𝐝𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐱𝐚𝐧𝐭𝐞-𝐝𝐨𝐮𝐳𝐞 (𝟕𝟐) 𝐛𝐨𝐢̂𝐭𝐞𝐬 𝐝’𝐡𝐞𝐫𝐛𝐢𝐜𝐢𝐝𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐬, 𝐚𝐢𝐧𝐬𝐢 𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐭𝐫𝐞𝐧𝐭𝐞-𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬 (𝟑𝟑) 𝐬𝐚𝐜𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐭𝐞𝐫𝐠𝐞𝐧𝐭𝐬. Au-delà des chiffres, c’est la nature même des produits qui interpelle : tabac de contrebande échappant aux droits et taxes surtout le Fonds de soutien patriotique, intrants chimiques non homologués susceptibles d’affecter les sols, les cultures et la santé humaine, et produits détergents dont la traçabilité reste incertaine. Une même logique traverse ces catégories : l’économie grise prospère en contournant les normes fiscales, sanitaires et environnementales qui structurent le vivre ensemble.

𝐏𝐥𝐮𝐬 à 𝐥’𝐄𝐬𝐭, 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐫𝐠𝐞𝐬 𝐟𝐫𝐨𝐧𝐭𝐚𝐥𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬, l’alerte s’est portée sur le circuit des huiles alimentaires. Un minibus en pleine brousse, 𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠𝐞́ 𝐝𝐞 𝐛𝐢𝐝𝐨𝐧𝐬 𝐝’𝐡𝐮𝐢𝐥𝐞 𝐚𝐥𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐢𝐫𝐞, a été intercepté par une escouade de la 𝐃𝐢𝐫𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐒𝐮𝐫𝐯𝐞𝐢𝐥𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐮 𝐓𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 (𝐃𝐒𝐓). L’ensemble de la cargaison était dépourvu de tout titre régulier d’importation. Ici encore, l’enjeu excède la seule infraction douanière : il touche à la sécurité du consommateur, à la transparence des chaînes d’approvisionnement et, plus largement, à la loyauté des échanges commerciaux. L’huile alimentaire, produit de consommation courante, ne saurait être l’objet d’une circulation clandestine où la qualité, l’origine et la conformité aux normes échappent à tout contrôle.

À ces deux opérations 𝐬’𝐚𝐣𝐨𝐮𝐭𝐞 𝐮𝐧𝐞 𝐭𝐫𝐨𝐢𝐬𝐢𝐞̀𝐦𝐞, tout aussi déterminante par ses implications environnementales : l’Unité Mobile d’Intervention (UMI) a procédé, sur l’axe Ouaga–Léo, à la saisie 𝐝𝐞 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝟐𝟎 𝐭𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐚𝐜𝐡𝐞𝐭𝐬 𝐩𝐥𝐚𝐬𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐨𝐡𝐢𝐛𝐞́𝐬. Cette cargaison massive, destinée à une mise en circulation illégale, menace directement les écosystèmes, les sols, les cours d’eau et la santé des populations. En neutralisant ce flux, la Douane ne protège pas seulement l’économie formelle ; elle défend aussi le droit des générations futures à un environnement viable et sain.

Ces trois opérations, en apparence différentes par leurs objets et leurs théâtres d’intervention, participent d’une même architecture stratégique : 𝐥𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐥𝐥𝐚𝐠𝐞 𝐝𝐮 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝐥’𝐚𝐧𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐮𝐝𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐧𝐞𝐮𝐭𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐫𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐬. Les unités engagées: Brigades mobiles, DST et UMI ont démontré une complémentarité opérationnelle fondée sur le renseignement, la mobilité et la capacité d’intervention en zones difficiles d’accès. En cela, elles s’inscrivent dans la modernisation des pratiques douanières, où la Douane n’est plus seulement un guichet fiscal, mais un acteur central de la protection du marché intérieur, de la santé publique, de la sécurité et de l’environnement.

Dans un message d’orientation, le Directeur général des Douanes, 𝐥’𝐈𝐧𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐝𝐢𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐘𝐯𝐞𝐬 𝐊𝐀𝐅𝐀𝐍𝐃𝐎, a salué la détermination des agents tout en appelant à la vigilance collective. 𝐈𝐥 𝐚 𝐫𝐚𝐩𝐩𝐞𝐥é 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐧𝐞 𝐧𝐞 𝐬𝐚𝐮𝐫𝐚𝐢𝐭 𝐚𝐠𝐢𝐫 𝐬𝐞𝐮𝐥𝐞 : 𝐥𝐚 𝐝é𝐧𝐨𝐧𝐜𝐢𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐢𝐭𝐨𝐲𝐞𝐧𝐧𝐞, 𝐥𝐚 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭é 𝐝𝐞𝐬 𝐨𝐩é𝐫𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐞𝐜𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐧𝐨𝐫𝐦𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐫𝐞𝐦𝐩𝐚𝐫𝐭𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐮𝐝𝐞. 𝐈𝐥 𝐚 𝐢𝐧𝐯𝐢𝐭é 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 à 𝐫𝐞𝐟𝐮𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐫𝐜𝐮𝐢𝐭𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐚𝐥𝐥é𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐭 à 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐢𝐥𝐞́𝐠𝐢𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐥𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐠𝐮𝐥𝐢𝐞̀𝐫𝐞𝐬, 𝐠𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́, 𝐝𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́ 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐟𝐢𝐬𝐜𝐚𝐥𝐞. Pour le Directeur général, la protection du pays commence par le respect de la règle et la confiance dans les institutions.

Il convient également de souligner la portée pédagogique de ces saisies. Elles rappellent aux opérateurs économiques que la facilitation des échanges, à laquelle la Douane contribue par des réformes structurelles, ne saurait être confondue avec la permissivité. La fluidité commerciale n’exclut pas la discipline ; elle la présuppose. S’affranchir des règles, c’est fragiliser la concurrence loyale, mettre en péril les finances publiques et exposer les populations à des produits dont la dangerosité peut être silencieuse mais réelle.

Ainsi, de la brousse frontalière de l’Est aux corridors du Centre-Ouest, en passant par le Centre, une même idée s’impose : 𝐥’𝐄́𝐭𝐚𝐭 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐞𝐬𝐭 𝐥’𝐮𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐬𝐚𝐠𝐞𝐬 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐜𝐫𝐞𝐭𝐬. Par des actes parfois discrets, souvent exigeants, toujours décisifs, elle oppose une fin de non recevoir aux économies souterraines et réaffirme la primauté du droit. À travers ces saisies, ce n’est pas seulement une marchandise qui est retenue : c’est une certaine idée de l’ordre public, de la responsabilité économique, de la protection de l’environnement et de la sécurité des citoyens qui est, une fois encore, défendue.

𝐋𝐚 𝐃𝐨𝐮𝐚𝐧𝐞 : 𝐇𝐨𝐧𝐧𝐞𝐮𝐫-𝐃𝐞́𝐯𝐨𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭-𝐕𝐢𝐠𝐢𝐥𝐚𝐧𝐜𝐞
𝐒𝐂𝐑𝐏-𝐃𝐆𝐃

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