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[ÉDITO] CAN 2025: Entre sacre sénégalais et désillusions marocaines

La Coupe d’Afrique des Nations 2025, organisée au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’est achevée par la victoire du Sénégal, qui décroche ainsi sa deuxième étoile continentale. Un sacre pleinement mérité pour les Lions de la Teranga, solides, constants et disciplinés tout au long de la compétition. Mais au-delà de l’exploit sportif, cette CAN restera surtout comme une édition marquée par de profondes controverses, laissant un sentiment de désillusion chez de nombreux observateurs.

L’arbitrage a été au cœur des critiques. Jugé globalement en deçà des standards attendus à ce niveau, il a souvent suscité incompréhension et frustration. Plusieurs décisions litigieuses ont alimenté le débat, certains allant jusqu’à évoquer un traitement favorable au pays organisateur, le Maroc, lors de rencontres clés. Ces soupçons, qu’ils soient avérés ou non, ont suffi à entacher la crédibilité de la compétition.Comparée à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, saluée pour son ambiance populaire et sa ferveur exceptionnelle, la CAN marocaine a peiné à transmettre cette chaleur si propre au football africain.

Des stades parfois peu animés, une mobilisation populaire jugée insuffisante et une atmosphère globalement froide ont donné l’impression d’une fête incomplète. A quelques heures de la finale, les tensions se sont accrues. Le sélectionneur sénégalais a publiquement dénoncé un dispositif sécuritaire qu’il estimait insuffisant pour son équipe. La gestion de la billetterie a également fait polémique, notamment le nombre limité de tickets accordés aux supporters sénégalais, renforçant un sentiment d’iniquité.Certaines images ont durablement marqué les esprits.

Lors du match Maroc–Nigeria, des officiels marocains ont été aperçus retirant les serviettes du gardien nigérian, un geste largement perçu comme contraire à l’éthique sportive. Mais le point culminant de la controverse reste la finale, marquée par un penalty sifflé en faveur du Maroc. La décision a provoqué une vive contestation, poussant les joueurs à quitter momentanément la pelouse avant de reprendre le jeu, une scène rare et embarrassante pour une compétition de ce niveau.

Au final, la CAN 2025 présente un visage contrasté. D’un côté, le sacre légitime du Sénégal, symbole de sérieux et de progression du football africain. De l’autre, une organisation fragilisée par des polémiques qui interrogent sur la gouvernance, l’arbitrage et le respect de l’équité sportive.Pour les prochaines éditions, une exigence accrue de rigueur, de transparence et de professionnalisme s’impose. Il en va non seulement de la crédibilité de la CAN, mais aussi de l’image du football africain et de l’Afrique sur la scène sportive internationale.

La Rédaction

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