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Ramadan 2026: Les conseils de l’imam Séni Nana pour réussir son jeûne

A quelques heures du mois de Ramadan, consacré au jeûne musulman, Séni Nana, ingénieur de conception en informatique et imam de l’AEEMB et du CERFI, invite les fidèles à comprendre le sens profond de cette adoration et à s’y préparer avec sérieux. Selon lui, « il faut accueillir le mois béni de Ramadan avec une préparation conséquente », faite notamment de repentir sincère, d’une intention claire de se rapprocher d’Allah, de gratitude et d’une bonne planification des objectifs spirituels.

Dans l’islam, explique-t-il, le jeûne du Ramadan est une prescription divine visant à développer la piété et la conscience de Dieu. Il rappelle que « Le sens profond du jeûne est donc la taqwa : développer la conscience de la présence permanente d’Allah, purifier son âme, discipliner ses désirs et renforcer sa sincérité ».

Pour lui, le Ramadan constitue « une école de maîtrise de soi, de patience et de solidarité ». Au-delà de l’abstinence de nourriture, de boisson et de rapports charnels, le croyant doit rechercher « la purification du cœur pour atteindre un Qalbun Salim : un cœur sain », ainsi que le pardon divin, la réforme du comportement et la proximité avec le Coran. Il souligne que certaines pratiques comme « manger ou boire volontairement, avoir un rapport conjugal en journée, vomir volontairement » annulent le jeûne, tandis que d’autres comportements comme « la médisance, le mensonge » en diminuent la valeur spirituelle.

L’imam insiste particulièrement sur l’importance des pratiques spirituelles pendant ce mois béni, notamment la prière nocturne, la lecture du Coran, l’invocation et l’aumône. « Le Ramadan est le mois du Coran », rappelle-t-il, ajoutant que la prière nocturne constitue « une source immense de pardon ». Il encourage également les fidèles à multiplier les bonnes actions, même les plus simples. Dans la vie quotidienne du jeûneur, le comportement occupe une place centrale.

« Le jeûne ne doit pas être seulement physique, il est aussi moral et spirituel », affirme-t-il. Face aux provocations, il recommande la retenue et la patience, rappelant que « Le jeûneur n’est ni provocateur, ni perturbateur, ni envahisseur ». Il doit plutôt rechercher l’agrément d’Allah en évitant disputes, insultes et situations conflictuelles. Evoquant les réalités contemporaines, Séni Nana met en garde contre l’usage excessif du numérique : « L’utilisation du téléphone portable et des réseaux sociaux peut affecter la valeur spirituelle du jeûne ».

Il précise qu’ils peuvent nuire au jeûne « s’ils entraînent une perte de temps, une exposition à des contenus illicites, des disputes inutiles, de la médisance numérique ». Ainsi, « le jeûneur doit plutôt travailler à limiter son temps de présence sur les réseaux sociaux et l’usage du téléphone ». Pour lui, la transformation intérieure constitue l’objectif principal de cette adoration : « le jeûne doit transformer le comportement, sinon, on risque d’avoir seulement faim, sans récompense ». Il encourage les fidèles à se fixer des objectifs réalistes, à fréquenter les mosquées, à donner en aumône et à lire quotidiennement le Coran afin de renforcer leur foi.

L’imam invite enfin les croyants à faire du Ramadan « un tournant » dans leur vie spirituelle, en considérant qu’il peut s’agir du dernier qu’ils auront l’occasion de vivre. Il insiste aussi sur la nécessité de préserver les bonnes habitudes après le mois de jeûne, rappelant que « Ramadan est une école » dont les enseignements doivent être appliqués durablement. Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux, il appelle également à la prière pour la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso. Pour conclure, il rappelle que « Le Ramadan n’est pas seulement un mois de privation, c’est un mois de renaissance spirituelle ».

Djamal Ouédraogo/LA PLUME

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