
Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires et sociaux persistants, la Communauté des enfants de toute grâce (CETG) a procédé, le jeudi 30 avril 2026 à Ouagadougou, au lancement officiel de la 13ᵉ édition de son Séminaire eucharistique. Placée sous le thème central « La place de la parole dans la recherche de la paix et dans le service des plus pauvres », cette rencontre spirituelle et de formation entend apporter une réponse chrétienne aux tensions qui traversent le Burkina Faso.
Selon les termes de référence du séminaire, cette initiative s’inscrit dans un double contexte : celui de l’Église universelle, inspirée par l’exemple de Saint François d’Assise, et celui de la situation nationale, caractérisée par « beaucoup de haine, de colère, de misère et de révolte ». Face à cette réalité, les organisateurs proposent une réflexion approfondie sur le rôle de la parole comme outil de pacification et de solidarité. Deux grands axes structurent cette 13ᵉ édition : la recherche de la paix, d’une part, et le service des plus pauvres, d’autre part. Le premier volet met l’accent sur la paix intérieure, familiale et sociale, en interrogeant notamment la manière dont la parole peut devenir un vecteur d’apaisement et de cohésion.
Le second volet aborde des valeurs essentielles telles que la discrétion, l’humilité, le respect de la dignité humaine et l’écoute, comme fondements d’un engagement sincère en faveur des plus démunis. Intervenant à l’occasion de la cérémonie d’ouverture, le responsable de la CETG, Clément Kaboré, a souligné l’urgence de « désarmer les cœurs et les langues » dans un contexte de crise. « Il y a beaucoup de colère, beaucoup de révolte, beaucoup de haine. Tant qu’on n’arrive pas à dissiper ces réalités et à ouvrir le chemin à la fraternité et à une nouvelle manière de se regarder, il sera difficile d’atteindre la paix et la cohésion sociale », a-t-il déclaré.
Le séminaire enregistre la participation de fidèles venus de plusieurs localités du pays, notamment Tenkodogo, Bobo-Dioulasso et Manga. Pour les organisateurs, cette diversité géographique constitue une richesse, favorisant le partage d’expériences et une meilleure compréhension des réalités vécues dans différentes régions. Au programme figurent des conférences, des ateliers, des témoignages et des temps d’échanges, mais également des activités spirituelles telles que la messe, l’adoration et la prière personnelle. « Nous sommes dans un domaine de la foi, et ce qui est au cœur, c’est la rencontre avec le Christ », a rappelé Clément Kaboré.
À travers cette session, la CETG espère susciter une transformation intérieure des participants. « L’attente, c’est une conversion du cœur et du regard, afin d’adopter le regard du Christ sur les autres et sur soi-même », a expliqué le responsable. À court terme, il s’agit d’encourager une plus grande écoute et une participation active aux enseignements, tandis qu’à moyen et long terme, l’objectif est de favoriser une meilleure qualité des relations humaines, tant au sein des familles que dans les milieux professionnels et sociaux. Prévu sur plusieurs jours, le séminaire se veut ainsi un cadre de ressourcement spirituel et de réflexion collective, dans l’espoir de contribuer, à sa mesure, à la construction d’une paix durable au Burkina Faso.
Salfo Zabré/LA PLUME



