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50e anniversaire de l’indépendance des Comores: « Il faut désormais construire une souveraineté réelle et concrète»

À l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance des Comores prévue le ce dimanche  6 juillet 2025, Me Saïd Larifou, intrépide avocat et président du parti RIDJA-PACTEF et grande figure politique de la scène comorienne, s’est prononcé sur le bilan d’un demi siècle de souveraineté comorienne. 

« Le 6 juillet 1975, nos pères ont posé un acte fondateur », rappelle Me Saïd Larifou. Ce jour-là, le peuple comorien décidait de reprendre en main son destin. Mais cinquante ans plus tard, le leader du RIDJA constate que l’indépendance, conquise au prix d’une lutte politique ardente, n’a pas tenu toutes ses promesses. « L’indépendance n’était pas une fin en soi, mais le début d’une promesse : celle de bâtir un État souverain, juste, prospère », a-t-il martelé. Ce dernier ne passe pas par 4 chemins pour dire ce qu’il pense du pouvoir en place. Il accuse le président Azali Assoumani de s’être accaparé les ressources du pays, d’avoir entretenu un système fondé sur le népotisme et la corruption, et d’avoir contribué à l’« appauvrissement organisé » du peuple comorien. « Le peuple comorien n’est pas pauvre, il a été appauvri », s’insurge l’avocat. Me Saïd Larifou ne perd pas espoir et croit en un lendemain meilleur centré sur la jeunesse comorienne. « L’espérance vit dans chaque jeune diplômé qui rêve de servir son pays, dans chaque femme qui se bat pour sa dignité, dans chaque membre de la diaspora qui envoie son cœur et ses économies au pays natal », fait-il savoir.

Pour Me Larifou, le cinquantenaire doit marquer un tournant décisif : celui de « l’âge adulte de notre indépendance ». Il ne suffit plus de brandir des symboles. Il faut désormais construire une souveraineté réelle et concrète. Dans sa déclaration, il propose cinq axes clairs : une gouvernance transparente, rompant avec les pratiques mafieuses du pouvoir actuel ; une jeunesse éduquée et incluse, participant pleinement aux choix stratégiques du pays ; une économie nationale solide, créatrice d’emplois et maîtrisant ses propres ressources ; une justice indépendante et impartiale, garante de l’État de droit et un dialogue national permanent, pour réconcilier les mémoires et les territoires.L’avocat insiste également sur la nécessité de défendre la souveraineté territoriale de l’ensemble de l’archipel, évoquant la question toujours sensible de Mayotte, séparée des autres îles depuis l’indépendance.

LA PLUME

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