[ÉDITO]- Instauration d’examens nationaux pour la validation des diplômes dans les instituts privés: Une mesure salutaire !

L’annonce par le ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Adjima Thiombiano, de l’instauration d’examens nationaux pour valider chaque année de formation dans les Instituts privés d’enseignement supérieur (IPES) est une décision courageuse et plus que nécessaire. Il s’agit d’un signal fort en faveur de la qualité, de l’excellence et de la crédibilité de l’ensemble du système éducatif burkinabè.
Cette mesure, qui s’appliquera de la Licence au Doctorat, est la pierre angulaire d’une réforme ambitieuse. En imposant un référentiel national unique pour l’évaluation des compétences, le gouvernement comble une faille béante. Il ne faut pas se le cacher : une poignée d’établissements privés, peu soucieux de leur réputation, ont contribué à dévaloriser les diplômes en pratiquant un « diplômage » à la chaîne.
Dans les cas les plus critiquables, certains étudiants obtenaient leur parchemin sans avoir jamais composé, grâce à la funeste pratique de «l’enveloppe » qui corrompt et discrédite. L’examen national annuel met un terme à ces dérives. Il agit comme un garant impartial de la valeur du diplôme. Désormais, un étudiant issu du privé pourra être fier de son parcours, sachant que son niveau a été validé selon les mêmes exigences que celui du public. Pour les employeurs, cette réforme est une aubaine car elle leur offre la certitude que le diplôme présenté correspond à un socle de connaissances et de compétences réellement acquis.
La confiance dans la jeunesse diplômée burkinabè en sortira nécessairement renforcée. Au-delà de la simple validation, cette mesure est un puissant levier pour rehausser la qualité de la formation au sein des IPES elles-mêmes. Contraintes de préparer leurs étudiants à réussir un examen exigeant et standardisé, elles devront inévitablement renforcer leur corps professoral, améliorer leurs méthodes pédagogiques et investir dans la qualité. L’obligation de recruter des enseignants permanents va dans le même sens et est tout aussi bienvenue. En resserrant les boulons de la rigueur académique, le gouvernement n’étouffe pas l’initiative privée ; au contraire, il l’invite à se grandir. Comme l’a si bien souligné le ministre, le secteur privé doit être un « moteur » et même un futur employeur de ses diplômés.
Cette ambition ne peut se réaliser que sur un terreau de confiance et d’excellence, que cette réforme contribue à fertiliser. Cette décision est donc salutaire. Elle protège les étudiants travailleurs, honore les établissements sérieux et restaure la valeur des diplômes burkinabè sur le marché national et international. Il appartient maintenant à tous les acteurs que ce soit les responsables des IPES, les étudiants et parents de s’approprier cette réforme avec un esprit constructif, pour bâtir ensemble un enseignement supérieur dont le Burkina Faso puisse être fier.
La Rédaction



