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[ÉDITO] Capture de Maduro par les USA:  Voici venus les jours du «surhomme*»

L’attaque militaire américaine contre le Venezuela, suivie de la capture et de l’exfiltration du président Nicolás Maduro, marque un tournant brutal dans les relations internationales contemporaines. Au-delà du choc des images et de la gravité des faits, cet épisode pose une question centrale, presque dérangeante : que vaut aujourd’hui la souveraineté d’un Etat face à la puissance américaine ? La réponse, au vu des événements, semble implacable : bien peu de chose.

En frappant des cibles militaires et civiles au cœur de Caracas et dans plusieurs États stratégiques, les États-Unis ont démontré, sans détour, que le principe de souveraineté nationale peut être suspendu dès lors qu’il entre en contradiction avec leurs intérêts géopolitiques. L’opération, revendiquée et assumée par Donald Trump, n’a laissé place à aucune ambiguïté. Washington agit, décide, impose  et avertit toute puissance tentée d’intervenir de s’abstenir.

Les condamnations internationales n’y changent rien. La Russie, la Chine et plusieurs pays ont dénoncé une violation flagrante du droit international et de la Charte des Nations unies. Mais ces réactions, aussi fermes soient-elles dans la forme, apparaissent tragiquement impuissantes dans le fond. L’histoire récente le confirme : les grandes puissances ne sont jamais réellement sanctionnées. Les Etats-Unis, protégés par leur poids politique, militaire et institutionnel notamment leur droit de veto au Conseil de sécurité  ne paieront aucun prix réel pour cette intervention.

Dès lors, que reste-t-il du droit international ? Théoriquement, un ensemble de règles destinées à réguler les rapports entre Etats et à prévenir l’usage unilatéral de la force. Dans la pratique, il ressemble de plus en plus à un idéal moral sans mécanisme coercitif contre les puissants. L’annonce d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU ne nourrit guère d’illusions : chacun sait qu’elle n’aboutira à aucune décision contraignante. L’ONU parlera, mais l’histoire retiendra que les missiles, eux, ont déjà parlé. Cette situation donne un écho troublant aux réflexions de penseurs comme Nietzsche ou Freud, pour qui la morale et le droit cèdent toujours devant les rapports de force et les pulsions de domination.

Le monde n’est pas gouverné par la justice, mais par la puissance. Le Venezuela en fait aujourd’hui l’amère démonstration.Il est douloureux, mais nécessaire, de regarder cette réalité en face. Une superpuissance vient, une fois de plus, d’imposer son diktat à un pays jugé faible, au nom de principes qu’elle ne s’applique pas à elle-même. Ce n’est ni une nouveauté, ni un accident : c’est une constante de l’ordre international actuel.Pour les autres Etats, notamment ceux du Sud, cette crise doit servir de leçon. La souveraineté proclamée ne protège pas. Seule la capacité à dissuader, à s’unir, à construire une autonomie stratégique réelle offre une forme de garantie. A défaut, le droit international restera un texte invoqué par les faibles… et contourné par les forts.

NB: Selon Nietzsche, l’avènement du surhomme aspire a écrasé les plus faibles. « C’est un être de création, qui assume l’absurdité du monde et transforme sa propre existence en une œuvre d’art, un pont vers un avenir supérieur». 

La Rédaction

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