Expropriation des habitants du village de Tengandogo: 1 822 personnes crient à l’injustice et appellent à l’aide le capitaine Ibrahim Traoré

Les habitants expropriés du village de Tengandogo, réunis au sein de l’Association Songui Ne Manegre pour un Lendemain Meilleur, ont tenu une conférence de presse le 12 mars 2025 à Ouagadougou. L’objectif de cette rencontre était de partager avec le public, tant national qu’international, leur souffrance vécue depuis 2014, après avoir été dépossédés de leurs terres sans indemnisation ni relogement.

Depuis près de dix ans, 1 822 citoyens burkinabè vivent un véritable calvaire. Selon eux, ils ont été expulsés de leurs terres sans aucune compensation ni solution de relogement. L’Association Songui Ne Manegre pour un Lendemain Meilleur, regroupant ces habitants, a décidé de prendre la parole afin de faire entendre leur voix et réclamer une issue à leur souffrance.Daouda Simporé, porte-parole de l’Association, a retracé l’histoire de ces événements qui ont profondément marqué la vie des expropriés. « Depuis les années 1990 et 2000, nous étions installés à Tengandogo avant d’être dépossédés de nos terres et expulsés de nos habitations sans aucune indemnisation ni relogement préalable », a expliqué Daouda Simporé.

Il a rappelé qu’en 2007, lors de la construction du CHU de Tengandogo, la mairie de Komsilga avait relogé les habitants recensés sur le site concerné par le projet. Cependant, les habitants des abords du site, dont il faisait partie, n’ont pas été recensés, sous prétexte qu’ils ne faisaient pas partie du périmètre concerné. « Nous, habitants des abords du site, n’avions pas été recensés sous prétexte que nous ne faisions pas partie du périmètre concerné », a-t-il précisé.Malgré plusieurs démarches judiciaires pour obtenir réparation, y compris un appel après la décision défavorable rendue par le tribunal administratif en mars 2024, Daouda Simporé a révélé que « nous avons été déboutés par le tribunal administratif ».
En conséquence, les expropriés ont décidé de faire appel devant la cour d’appel de Ouagadougou.Face à cette situation de plus en plus insoutenable, les habitants ont décidé de remettre leur destin entre les mains du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Ils sollicitent une audience pour exposer leur situation et demander soit une indemnisation, soit un relogement. « Nous avons confiance en votre engagement pour la justice sociale et la protection des citoyens. C’est pourquoi nous vous adressons cette doléance afin qu’une issue favorable soit trouvée pour notre situation », a souligné Daouda Simporé.Après des années de lutte silencieuse, l’Association espère enfin une solution favorable à sa situation et reste ouverte à toute discussion pacifique pour parvenir à une solution juste et équitable.
Djamal Ouédraogo
LA PLUME



