
Dans le court instant qu’il nous a accordé pour s’exprimer sur la situation aux Comores le dimanche 26 janvier 2025, Me Saïd Larifou, avocat et homme politique comorien n’a pas manquer de se prononcer aussi sur les pays de l’AES. Pour ce dernier, c’est une nouvelle ère qui souffle sur l’Afrique pour ne pas dire le printemps « africain ». Il a appelé les politiques africains à soutenir ces trois pays (Burkina, Mali, Niger). Mieux, l’homme de droit a formulé des vœux de réussite pour ces pays qui forment désormais la confédération des Etats du Sahel.
« Les pays africains qui sont en difficulté, qui ont des problèmes graves, qui veulent reconquérir leur souveraineté et qui sont sous la menace permanente depuis déjà des décennies des terroristes, je parle du Burkina, du Mali, du Niger et d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, nous devons les soutenir », indique Me Saïd Larifou. Pour l’homme de droit, la classe politique africaine et les organisations africaines doivent les soutenir et « voir comment nous pourrons leur être utiles. Il y a des pays qui peuvent être des leaders de l’Afrique, mais qui sont pris en otage par des terroristes. Je pense que ces pays doivent bénéficier de notre soutien, mais cela demande aussi une forme de stratégie que nous, les organisations africaines, jusqu’à maintenant, n’avons pas réussi à définir cette stratégie ». Comment ça se fait que, ce qui se passe au Burkina Faso, au Mali et au Niger, nous ne soyons pas en mesure de leur apporter des soutiens concrets ? Se demande-t-il. Et de préciser : « Nous sommes là pour faire des déclarations, mais cela ne suffit pas. Une déclaration ne fait pas reculer un terroriste ». Pour lui, il faut faire mieux et proposer des actions concrètes. Réfléchir sur les types d’actions concrètes à mener. En guise d’exemple, il fait savoir qu’il y a des actions judiciaires sui peuvent être menées. Comment se fait-il que d’autres pays, lorsqu’ils sont attaqués, il y a systématiquement des saisines devant la CPI, et puis d’autres juridictions internationales ? Questionne à nouveau l’avocat.
« Lorsqu’un pays africain est attaqué, aucun procès, aucune initiative judiciaire. Ça aussi, c’est une réflexion qui doit être mûrie pour être mise en pratique. Il ne se passe pas un mois sans qu’il y ait des attaques terroristes dans les différentes régions. Et ces attaques restent impunies alors qu’il s’agit quelquefois d’attaques commandées. Ça aussi, il y a des initiatives », ajoute l’homme politique comorien. Ce dernier dit apporter son soutien aux peuples de l’AES en quête de souveraineté totale. En tant qu’Africain, il a exprimé son soutien et son adhésion aux pays de l’AES.
« Après les événements de Bamako du mois d’août 2020 qui a vu le départ de IBK, j’étais à la tête d’une délégation d’organisations africaines qui avait fait le déplacement à Bamako au mois de septembre 2020. J’avais réuni 54 pays à la place de la République à Paris avec 54 drapeaux pour soutenir nos frères et sœurs maliens. Lorsque nous nous sommes déplacés au Mali, je savais qu’il allait y avoir un changement en Afrique. Et lorsque, j’étais au procès du président Sankara, j’ai senti qu’il allait y avoir quelque chose au Burkina. Je voyais les choses venir au Niger aussi lorsque j’étais constitué pour Ousmane Sonko à Dakar», a confié M. Larifou, qui martèle que ce changement sera irréversible et se fera de manière graduelle. « J’ose espérer que le vent de changement qui souffle en Afrique de l’Ouest, dans les pays d’AES, souffle aussi aux Comores et dans toute l’Afrique », a formulé en substance l’homme politique.
Omar SALIA
LA PLUME



