Tournée humanitaire et solidaire du panafricanisme : ASAC International pour la justice, les droits humains et la dignité

Parfois, la lutte pour les droits humains prend la forme d’un périple à vif, mais elle ne s’interrompt jamais. Diallo Ablaye, défenseur des droits humains, président fondateur de ASAC INTERNATIONAL (Afrique, Amérique du Sud et Caraïbes pour la Coopération) et dirigeant panafricaniste de l’Organisation Panafricaniste Mondiale (OPAM), a clôturé ce vendredi 11 avril 2025 sa Tournée pour la Dignité, la Justice et les Droits de l’Humains des migrants africains, lors d’un acte aussi symbolique que profondément émouvant.

Il l’a fait malgré un état de convalescence toujours en cours, soumis à une rééducation physique intensive à la suite des graves blessures subies lors d’une agression raciste brutale, perpétrée le 30 janvier 2025 par plusieurs agents de la police autonome basque, dans la ville de Bilbao, en Espagne. Une tentative de faire taire sa voix, de briser son corps. Mais Diallo ne s’est pas effondré. Il en est ressorti plus fort.
Une atteinte à la dignité qui n’a pas fait taire sa voix
L’agression physique et la tentative d’étranglement que Diallo dénonce lui-même comme une tentative d’homicide, un acte de violence raciale, une détention arbitraire, des mauvais traitements et une violation de ses droits fondamentaux, font aujourd’hui l’objet d’une procédure judiciaire. L’article 17 de la Constitution espagnole, garantissant le droit à l’Habeas Corpus, a lui-même été bafoué. Face au silence institutionnel et diplomatique, Diallo a choisi de répondre avec détermination, par des dénonciations publiques et des actions concrètes visant à obtenir justice. Ni la violence, ni l’injustice n’ont entamé son engagement. Bien au contraire, Diallo a redoublé d’efforts dans sa mission humanitaire, soutenu par toute l’équipe d’ASAC INTERNATIONAL, fidèle à sa mission de promotion de la paix, de la coopération équitable entre les peuples et de défense des droits humains, notamment ceux des migrants africains.

Les CIE, ou « camps de concentration modernes »
Au cours de sa tournée, Diallo a visité plusieurs Centres d’Internement pour Étrangers (CIE), qu’il n’hésite pas à qualifier de « camps de concentration modernes ». Il y dénonce la surpopulation, les conditions inhumaines et la mauvaise alimentation, appuyé par des témoignages, des photographies et des vidéos transmises directement par les personnes détenues. Malgré les obstacles, y compris les tentatives de certaines associations gestionnaires de ces centres de l’empêcher d’entrer, Diallo est parvenu à établir le contact avec les migrants, communiquant dans leurs langues, partageant leur vécu et leur douleur. Ce qu’il a découvert est accablant, mais pas surprenant : une Europe qui enferme et marginalise ceux qui cherchent simplement la dignité.

« L’esclavage s’est modernisé »
Diallo Ablaye avance une affirmation aussi douloureuse que lucide : l’esclavage, les déportations et la colonisation n’ont pas disparu, ils ont été modernisés. Ce qui se faisait autrefois à coups de chaînes et de fouets, se perpétue aujourd’hui par des politiques migratoires inhumaines et des structures néocoloniales. Les anciennes colonies africaines, officiellement « indépendantes », restent soumises à des systèmes de pillage, de dépendance et de pauvreté qui forcent leurs jeunesses à fuir. Ces jeunes risquent leurs vies en traversant mers, océans et déserts, pour se retrouver ensuite enfermés dans des conditions inhumaines. L’Afrique se vide de son avenir, tandis que l’Europe leur propose de nouvelles formes d’esclavage.
La complicité silencieuse de l’Union Africaine (UA)
Diallo Ablaye ne ménage pas ses critiques envers l’Union Africaine et les gouvernements africains, qu’il accuse de complicité par omission ou par complaisance. Si les 54 pays africains ont unanimement reconnu, le 16 février 2025, que l’esclavage, la colonisation et les déportations sont des crimes contre l’humanité, peu d’actions concrètes ont suivi.« Les résolutions et déclarations symboliques ne suffisent pas », affirme Diallo. Il appelle à une diplomatie africaine digne, capable de protéger et défendre les Africains, où qu’ils se trouvent. Il dénonce notamment l’inaction du consul du Sénégal en Espagne lors de son agression, soulignant l’abandon institutionnel que subissent les Africains de la diaspora.
Un acte solidaire pour clore la Tournée : l’humanité en action
Diallo a clôturé sa tournée par un acte d’une grande portée humaine : une donation massive de biens essentiels vêtements, chaussures, couvertures, denrées alimentaires, produits d’hygiène, etc. à des migrants en situation de vulnérabilité. Cette action a été réalisée au nom d’ASAC INTERNATIONAL, en partenariat avec plusieurs entités solidaires comme la Fédération Canarias Unida (FCU), la Communauté hindoue, la Fondation Candelaria Solidaria, ou encore l’Association des Voisins Los Menceyes, entre autres. Ému, Diallo a salué cette expression de fraternité, soulignant que « dans le Peuple Canarien comme ailleurs dans le monde, il existe encore des personnes profondément humaines, capables de ressentir la souffrance des autres comme la leur ».
BACK TO AFRICA : une solution africaine pour un problème africain
En conclusion, Diallo Ablaye a annoncé la prochaine présentation officielle de son ambitieux projet panafricaniste « Back to Africa », une initiative conçue pour apporter des solutions structurelles et durables au drame de l’immigration irrégulière. Ce projet, destiné à être présenté tant aux autorités africaines qu’européennes, propose des alternatives concrètes pour la formation, l’insertion professionnelle, le retour assisté et la réintégration des migrants africains, dans une perspective de reconstruction d’une Afrique autonome, décolonisée et autosuffisante.
Une tournée, un symbole, un espoir
La Tournée pour la Dignité et la Justice n’a pas été qu’un simple voyage physique ; elle représente un cri éthique traversant les continents. Malgré un corps meurtri par la violence, Diallo Ablaye s’érige en symbole vivant de résistance, de vérité et d’amour pour son peuple. Sa lutte n’est pas individuelle : elle est collective, humaine, et nous interpelle tous. À une époque où le silence est complice, sa voix résonne comme celle d’un nouveau Lumumba, d’un Sankara contemporain, qui n’empoigne ni les armes, ni la haine, mais la parole, l’empathie et l’engagement. Car comme il le déclare lui-même : « Les Africains doivent construire leur destin de leurs propres mains, avec dignité, avec justice, et sans peur ».
Deyvid LEITE
Journaliste et Directeur de la communication
ASAC INTERNATIONAL
LA PLUME



