[EDITO] Présidentielle au Cameroun: Entre une continuité qui épuise et un renouveau qui inspire

La publication officielle de la liste des 13 candidats retenus pour la présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025 marque une étape déterminante dans la vie politique du pays. Elle ouvre une séquence cruciale : celle où les Camerounais doivent, en toute lucidité, faire un choix décisif pour leur avenir. Un choix entre le statu quo et l’espoir. Un choix entre une continuité qui épuise et un renouveau qui inspire.
Paul Biya, 92 ans, est une fois de plus candidat à sa propre succession après plus de quatre décennies de règne. Ce chiffre à lui seul suffit à mesurer combien la classe politique camerounaise reste figée, prisonnière d’un système centré sur un homme, plutôt que sur un projet national. Or, peut-on raisonnablement continuer à confier la destinée d’une nation aussi jeune, aussi dynamique et aussi pleine de défis à un président en fin de parcours biologique et politique ? Gouverner, c’est anticiper. C’est être en phase avec les aspirations profondes du peuple. C’est porter une vision et insuffler une énergie nouvelle. Il devient clair que ce modèle d’une longévité extrême au pouvoir n’est plus en phase avec les exigences de l’heure.
Le Cameroun ne manque pourtant ni de talents, ni de compétences. La liste des candidats retenus compte des profils crédibles, issus de différentes régions, parlant aux sensibilités diverses du pays. Elle est l’expression d’un pluralisme qui mérite d’être davantage consolidé par l’alternance. Il ne s’agit pas de se débarrasser d’un homme, mais d’ouvrir une ère nouvelle où l’expérience se conjugue avec la jeunesse, où le leadership est réinventé à la lumière des mutations mondiales, régionales et sociales.
Aujourd’hui plus que jamais, les Camerounais doivent réclamer ce droit légitime à un nouveau départ. Non pas dans la violence, ni dans la rupture brutale, mais dans une transition responsable, pacifique et démocratique. La jeunesse, qui constitue l’écrasante majorité de la population, doit s’impliquer, voter, s’exprimer et refuser d’être éternellement spectatrice d’un destin confisqué. Le temps n’est plus à l’immobilisme. Le Cameroun a besoin d’un souffle nouveau. L’alternance n’est pas un luxe, elle est une nécessité vitale.
La Rédaction



