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« La mort de Alino Faso va davantage cristalliser les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina »

Le président de la Fédération Assalam International et ambassadeur de la paix universelle, El Hadj Mohamed Doumi, s’est exprimé le 27 juillet 2025 sur plusieurs sujets d’actualité. Au centre de ses préoccupations, la crise au sein de l’UEMOA, les conclusions du rapport 2023 de l’ASCE-LC, la tension diplomatique entre l’Algérie et le Mali, ainsi que le décès en détention d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso.

Concernant le retrait des représentants des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) de la réunion de l’UEMOA, Mohamed Doumi n’a pas mâché ses mots. Pour rappel, les ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont quitté la 2ᵉ session ordinaire du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), tenue le 11 juillet à Lomé. En cause, l’absence de consensus autour de la présidence tournante du Conseil, que devait assurer le Burkina Faso. Pour El Hadj Mohamed Doumi, ce retrait est plus qu’un simple incident diplomatique. Il y voit une opportunité historique. « Ce départ est le signe que ces trois pays sont solidaires et ont la même vision, celle de sortir du joug de l’impérialisme et de ses valets », a-t-il déclaré.

Pour lui, cette rupture ouvre la voie à la création d’une monnaie propre à l’AES. Il préconise même une sortie totale de l’UEMOA : « Il faut sortir de l’UEMOA pour ne pas rester dans le cercle de l’Occident », a-t-il insisté. Selon lui, la crise actuelle peut se transformer en levier d’émancipation économique. « Si les trois États de l’AES créent leur propre monnaie, d’autres États africains vont suivre », a-t-il affirmé, convaincu que cette initiative pourrait ébranler l’UEMOA, mais renforcer la souveraineté des pays concernés. « La création de la prochaine monnaie de l’AES va consacrer sa souveraineté », a-t-il assuré. Dans la même veine, Mohamed Doumi salue la mise en place prochaine de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES). À ses yeux, cet outil financier est essentiel pour rassurer à la fois les populations et les partenaires économiques.

« La création de la banque confédérale va rassurer les peuples de l’AES et les futurs partenaires », a-t-il soutenu. Abordant l’actualité nationale, il a salué l’initiative présidentielle Faso Mêbo, qui vise à mobiliser les citoyens autour du développement du pays. Il a tenu à féliciter la vision du président du Faso et de son gouvernement : « C’est une bonne initiative de mettre le peuple burkinabè au travail », a-t-il martelé, estimant que ce type de démarche est fondamental pour faire progresser l’Afrique. El Hadj Mohamed Doumi n’a pas manqué de réagir à la révélation faite par le rapport 2023 de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC), concernant une perte de 150 milliards de FCFA. Selon lui, cette somme colossale aurait pu être utilisée pour financer des projets d’envergure. Il a ainsi appelé à la transparence et à la responsabilité.

« Il faut situer les responsabilités dans cette affaire », a-t-il plaidé. Sur le plan diplomatique, il s’est prononcé sur la crise entre le Mali et l’Algérie. Ancien militant du FLN, il a lancé un appel au dialogue entre les deux pays pour préserver la stabilité régionale. « Le dialogue est nécessaire entre le Mali et l’Algérie pour arrêter la spirale de la haine et de l’incompréhension », a-t-il souligné. Enfin, il a exprimé sa compassion à la suite du décès en détention, le 24 juillet 2025, d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, en Côte d’Ivoire. L’annonce de sa mort, rendue publique trois jours plus tard, a suscité de vives réactions. Pour Mohamed Doumi, cette disparition pourrait envenimer davantage les relations entre Ouagadougou et Abidjan. Il en appelle à l’apaisement. « Il faut apaiser le cœur des Burkinabè pour éviter une escalade de violence », a-t-il recommandé, tout en exigeant l’ouverture d’une enquête pour faire la lumière sur les circonstances du décès. « Le gouvernement doit exiger une enquête sur le décès du compatriote, pour situer les responsabilités », a-t-il conclu.

Djamal Ouédraogo 

LA PLUME

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