Burkina: « La Révolution doit rimer avec un changement de comportements à tous les niveaux »

Le 9 février 2026 à Ouagadougou, le président de la Fédération As Salam International et ambassadeur de la paix universelle, El Hadj Mohamed Doumi, a livré son analyse de l’actualité nationale et sous-régionale, marquée ces dernières semaines par la tentative de coup d’Etat déjouée du 3 janvier, le remaniement gouvernemental, les réformes politiques en cours et la situation sécuritaire dans l’espace de l’Alliance des Etats du Sahel (AES).
Réagissant à la tentative de déstabilisation visant les institutions burkinabè, Mohamed Doumi a dénoncé « un acte très grave qui peut créer des divisions entre les Burkinabè ». Il a exprimé son soutien aux autorités pour leur vigilance et a insisté sur la nécessité de faire confiance à la justice. « Les personnes impliquées doivent répondre devant la justice, car personne n’est au-dessus de la loi », a-t-il déclaré, appelant à la cohésion nationale. Dans son analyse du contexte géopolitique, il a estimé que « le capitaine Ibrahim Traoré est un danger pour l’impérialisme et l’occident ».
Evoquant les aveux de certaines personnes mises en cause, il a parlé d’« une honte » pour le pays. Concernant l’extradition de l’ancien président Paul-Henri Sandaogo Damiba, il a indiqué que cette situation pourrait s’inscrire dans une dynamique de coopération entre Etats en vue de situer les responsabilités. Pour lui, la stabilité nationale repose sur la manifestation de la vérité et le respect de la justice. Il a également évoqué l’éventualité d’un soutien extérieur dont bénéficierait l’ancien chef de l’Etat dans une logique de déstabilisation, tout en appelant les autorités à maintenir un niveau élevé de vigilance. Se prononçant sur le remaniement ministériel, El Hadj Mohamed Doumi a estimé qu’il s’agit « d’une décision normale dans la gestion d’un Etat », pouvant insuffler un nouvel élan à l’action gouvernementale.
Il a salué la réorganisation de certains départements ministériels, qu’il interprète comme une adaptation aux réalités actuelles du pays. « La Révolution doit rimer avec un changement de comportements à tous les niveaux », a-t-il affirmé. Abordant la question du développement, il a insisté sur l’importance des investissements structurants, notamment le projet d’autoroute Ouagadougou–Bobo-Dioulasso. « Les infrastructures routières facilitent les échanges, les déplacements et les investissements », a-t-il souligné, saluant la vision du président Ibrahim Traoré pour ce projet. Sur le plan politique, Mohamed Doumi s’est montré favorable à une recomposition du paysage partisan national.
Il a salué la dissolution des partis et formations politiques, estimant qu’elle pourrait permettre de bâtir des organisations politiques « responsables et engagées pour le développement du pays ». Il a également plaidé pour le renouvellement générationnel en politique et pour une réduction du nombre de partis. « Il nous faut désormais 2 à 3 partis politiques avec une enquête de moralité de ces partis », a-t-il déclaré, appelant à repenser les mécanismes d’adhésion afin d’éviter les démons du passé.
Evoquant la situation sécuritaire dans la sous-région, notamment au Niger, l’ambassadeur de la paix universelle a insisté sur la solidarité entre les Etats membres de l’AES. « Les Etats de l’AES doivent renforcer leur collaboration militaire et stratégique pour faire face aux menaces », a-t-il indiqué, avant de conclure par un message de paix et de prières pour la stabilité au Burkina Faso, au Mali, au Niger et dans l’ensemble du continent africain.
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



