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[ÉDITO] Frais de scolarité exorbitants dans des écoles privées au Burkina :« Zéro pitié » également ! 

Il y a quelques jours, la Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) a frappé fort avec l’opération « zéro pitié », ciblant les commerçants véreux qui imposent des prix exorbitants sur les motos. Cette initiative salutaire a été applaudie par de nombreux citoyens, car elle a permis de remettre un peu d’ordre dans un secteur devenu anarchique. Mais ce combat contre le renchérissement ne devrait pas s’arrêter aux seules motos. Il est impératif qu’il s’étende à un autre domaine tout aussi vital qu’est l’éducation.

Aujourd’hui, au Burkina Faso, le secteur privé de l’éducation est devenu une véritable vache à lait, livrée à la spéculation sans foi ni loi de certains promoteurs d’écoles qui augmentent les frais de scolarité selon leur bon vouloir. Pour beaucoup, ce secteur est devenu une entreprise commerciale, où l’on mise davantage sur le profit que sur la qualité de l’enseignement. Les hausses arbitraires des frais, sans justification pédagogique, étranglent de nombreuses familles déjà éprouvées par la cherté de la vie. Pis encore, certaines écoles fonctionnent sans autorisation, en toute impunité, et n’hésitent pas à transférer leurs élèves en classe d’examen dans des établissements conformes, le moment venu, moyennant de l’argent.

Une pratique frauduleuse et immorale qui compromet la crédibilité du système éducatif et trahit les ambitions des parents et des enfants. Face à cette dérive, l’exemple du Niger mérite d’être salué et suivi. Le gouvernement nigérien, lors du Conseil des ministres du 18 juillet 2025, a adopté un projet de décret fixant les frais de scolarité applicables aux établissements privés. Une décision courageuse, dans la droite ligne de la vision du président Tiani, qui place l’éducation au cœur du développement du capital humain. Un comité national a été mis en place pour évaluer les frais pratiqués et ses conclusions ont mis en lumière la nécessité urgente de réguler les tarifs et de corriger les disparités injustifiées entre établissements similaires.

Pourquoi pas le Burkina ? Il est temps pour les autorités burkinabè de prendre la pleine mesure de cette question. Il ne s’agit pas de nuire aux établissements privés, mais de mettre fin aux abus, d’imposer un cadre réglementaire équitable, transparent et respectueux des droits des élèves et des parents. L’éducation est un droit, pas un luxe. Elle ne peut continuer à être livrée aux forces du marché sans garde-fou. Un Etat qui laisse prospérer le désordre dans l’enseignement hypothèque l’avenir de sa jeunesse et sabote son propre développement. Oui, la régulation des prix de scolarité est non seulement nécessaire, mais urgente. Comme pour les motos, il faut maintenant « zéro pitié » pour les abus dans l’éducation.

La Rédaction 

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