Ouagadougou : Des blogueurs alertent sur les dangers des réseaux sociaux

L’Association des Blogueurs Burkinabè (ABB) a animé une conférence de presse ce lundi 30 décembre 2024 à Ouagadougou. L’objectif était de présenter le rapport commun d’observation des contenus des médias et des réseaux sociaux.
Koundjoro Gabriel Kambou, Président du conseil d’administration (PCA) de l’ABB, a rappelé que près de trois millions de Burkinabè (2,85 millions exactement) sont actifs sur les réseaux sociaux, selon les données de Global Digital Insights (janvier 2024). « Ces plateformes, telles que Facebook, WhatsApp, YouTube, Instagram et TikTok, ont transformé leurs habitudes de communication et influencent fortement le débat public ainsi que les comportements sociétaux. Elles couvrent des thèmes variés tels que la politique, la société, la sécurité et les relations internationales », a-t-il déclaré.

Le PCA a également ajouté que les réseaux sociaux permettent aujourd’hui à chaque individu de devenir un acteur médiatique et sociétal. Cependant, selon lui, cette influence s’accompagne de risques importants, notamment la propagation de discours de haine, la désinformation et l’effritement de la cohésion sociale. « Face à ces défis, il est impératif de mettre en place des mécanismes de veille et de contrôle pour limiter les dérives », a-t-il insisté. À l’en croire, c’est dans ce contexte que DIAKONIA, à travers son programme GICAR (Gouvernance Inclusive-Citoyenneté Active et Responsable), soutient des initiatives de monitoring des médias et réseaux sociaux menées par des organisations comme l’Association des Blogueurs du Burkina, Educommunik et Fasocheck. Il a précisé que ces organisations, bien qu’elles produisent des rapports pertinents, ont besoin de synergies pour maximiser l’impact de leurs efforts.

M. Kambou a fait savoir que ces organisations, en fonction de leurs centres d’intérêt, de leurs axes et modes d’observation et d’analyse des contenus des médias et réseaux sociaux (démocratie inclusive, cohésion sociale, discours de haine, etc.), ont produit des rapports de veille pertinents. Cependant, ces rapports restent souvent épars, méconnus, peu exploités et donc mal valorisés par leurs destinataires effectifs ou potentiels. Il a estimé que, pour remédier à cette situation, l’ABB, dans le cadre de son projet « Promotion de la démocratie participative et inclusive par les TIC au Burkina Faso », a décidé de produire un rapport commun d’observation. « Ce rapport vise à fédérer, promouvoir et capitaliser les résultats des différents mécanismes de monitoring. Ce rapport a pour objectif principal d’harmoniser les efforts de monitoring en vue d’apporter des réponses aussi bien stratégiques qu’opérationnelles », a-t-il souligné.

En ce qui concerne les contenus et enseignements clés du rapport, le premier responsable de l’ABB a indiqué que les réseaux sociaux amplifient certaines crises en diffusant des discours de haine, des incitations à la violence et des fausses informations. Ce dernier a expliqué que les principales cibles des discours nocifs incluent les groupes ethniques, religieux, politiques, les femmes et les populations vulnérables. « Des solutions stratégiques, pédagogiques et collaboratives sont nécessaires pour répondre à ces défis, notamment en éducation aux médias et en promotion de contre-discours positifs », a-t-il déclaré. Le PCA a conclu en appelant à une mobilisation collective pour valoriser les résultats de ce rapport tout en encourageant des actions concrètes visant à réguler les contenus en ligne, tout en préservant la liberté d’expression.
Adjaratou Séré (Stagiaire)
LA PLUME



