Journée mondiale contre l’hépatite : Le Burkina Faso appelle à la sensibilisation et à l’action

Le ministère de la Santé, à travers ses collaborateurs et le Programme sectoriel de santé de lutte contre le VIH/SIDA, les infections sexuellement transmissibles et les hépatites virales (PSSLS-IST/HV), en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a tenu une conférence de presse ce lundi 18 août 2025 à Ouagadougou. L’objectif était d’annoncer la commémoration de la Journée mondiale contre l’hépatite, prévue du 16 au 30 août 2025. La cérémonie officielle se tiendra le 20 août dans la salle de conférence du SP/CNLS, sous le thème : « Hépatite : faisons tomber les barrières ! », et sera placée sous la présidence du Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, ministre de la Santé.
Cette rencontre visait à sensibiliser la population à travers des messages clés, afin de fournir une information juste et de renforcer la lutte contre les hépatites virales. Le coordinateur du PSSLS-IST/HV, Dr Mathieu Dieudonné Soma, a rappelé que les hépatites virales constituent une véritable épidémie, notamment en Afrique. Selon l’OMS, elles pourraient causer, d’ici 2040, plus de décès que le paludisme, la tuberculose et le VIH réunis si les tendances actuelles se maintiennent. Dr Soma a précisé que plus de 70 millions de personnes vivent avec une hépatite chronique B ou C dans la région africaine de l’OMS, et que près de 63 % des nouvelles infections par l’hépatite B surviennent en Afrique. Pourtant, moins d’une personne sur dix est diagnostiquée ou bénéficie d’un traitement. Au Burkina Faso, les dernières données disponibles indiquent une prévalence de 9,1 % pour l’hépatite B et de 3,6 % pour l’hépatite C dans la population générale. Ces infections provoquent chaque année plus de 900 décès, principalement liés à la cirrhose ou au cancer du foie. « Ce silence mortel a assez duré », a-t-il déploré, soulignant que la plupart de ces infections sont évitables et que des traitements existent.

Selon lui, 70 % des personnes infectées ignorent leur statut, faute de dépistage, ce qui complique leur prise en charge. Pourtant, la vaccination et les traitements actuels permettent de sauver des vies. « La vaccination contre l’hépatite B à la naissance protège à vie, mais moins de 10 % des nourrissons en bénéficient dans la région africaine », a-t-il déclaré. Le coordinateur du PSSLS-IST /HV, a ajouté que le traitement de l’hépatite C guérit dans 90 % des cas et qu’il est gratuit au Burkina Faso.

À l’en croire, grâce à l’engagement des autorités, plusieurs avancées notables ont été enregistrées : l’introduction de la vaccination gratuite des nourrissons contre l’hépatite B depuis 2006 ; l’ajout d’une dose à la naissance depuis 2022 dans le cadre de la stratégie de triple élimination VIH/hépatite B/syphilis ; le dépistage systématique proposé à toutes les femmes enceintes lors des consultations prénatales ; et la mise à disposition gratuite du traitement de l’hépatite C. Cependant, de nombreux défis demeurent : la majorité des porteurs du virus ignorent leur statut, la transmission mère-enfant reste élevée, les rapports sexuels non protégés et les injections à risque continuent d’alimenter la propagation. Placée sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières », l’édition 2025 interpelle toutes les parties prenantes à renforcer leur engagement.
Il s’agit de lever les obstacles liés à l’information, à l’accès à la vaccination, au dépistage précoce, au traitement et à la prise en charge des complications. Dans cette dynamique, le ministère de la Santé, à travers le PSSLS-IST/HV et ses partenaires (dont l’OMS et plusieurs associations), organise du 16 au 30 août 2025 diverses activités, parmi lesquelles des émissions en français et en langues nationales dans les médias pour informer la population sur les moyens de prévention et de prise en charge, des séances de sensibilisation et de dépistage gratuits dans plusieurs localités, ainsi qu’un grand cross populaire contre l’hépatite prévu le 19 août à partir de l’Université de Ouagadougou, afin de briser le tabou autour de cette maladie silencieuse.
Adjaratou Séré
LA PLUME



