[EDITO] Kabila face à la peine capitale: Justice implacable ou chasse aux sorcières ?

On sait désormais à peu près le sort de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, même si le verdict n’est pas encore tombé. Le ministère public, pour sa part, est formel au vu des charges qui pèsent contre ce cinquantenaire. Rien d’étonnant, et ce n’est sans surprise si l’ex-président porte ce lourd fardeau. C’était déjà pressenti depuis sa réapparition en avril dernier à Goma, ville tombée récemment aux mains du M23.
En effet, sa présence dans une zone contrôlée par les rebelles a renforcé les soupçons sur ses liens avec le mouvement M23. Quoi de plus « logique » pour le parquet que de requérir la peine maximale ? Mais que peut vraiment cet ancien chef de l’État congolais, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, face à un tel rouleau compresseur judiciaire ?Kabila est accusé d’avoir soutenu le groupe rebelle M23, responsable de violences dans l’est du pays, notamment de meurtres, viols et déplacements forcés de populations. Pour ses partisans, il s’agit d’un règlement de comptes politique, d’un procès sur mesure, intervenu peu après la levée de son immunité parlementaire. Pour certains observateurs au contraire, c’est le signe d’une justice congolaise qui ose désormais gratter là où ça fait mal, au risque de rouvrir des plaies béantes.
Mais une question dérange : que faisait réellement un « Kabange » dans une zone contrôlée par les rebelles ? C’est sans doute cette apparition qui a intrigué Félix Tshisekedi, lequel accuse son prédécesseur de vouloir fomenter une insurrection armée dans l’Est du pays. Difficile alors de ne pas sentir un parfum de politique davantage que de justice dans cette affaire. Avec cette réquisition du parquet pour la peine de mort, le sort de Joseph Kabila se joue comme une partie de dés où alea jacta est. Mais quel qu’en soit l’issue, une certitude demeure : la paix dans l’Est congolais n’est pas pour demain. Entre justice implacable et chasse aux sorcières, le pays semble condamné à naviguer entre méfiances et fractures profondes.
La Rédaction



