« Les étudiants nourrissent les étudiants » : Les incubés encaissent plus de 12 millions FCFA dans la vente de leurs oignons

L’initiative « Les étudiants nourrissent les étudiants », lancée le 24 mars 2025 à Koudougou, marque un tournant dans la politique d’accompagnement des jeunes entrepreneurs agricoles au Burkina Faso. Ce vendredi 28 mars 2025, à Bagré, une étape majeure a été franchie avec la vente de plus de 35 tonnes d’oignons produits par les incubés. Présidée par le Pr Adjima THIOMBIANO, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, cette opération s’inscrit dans une dynamique de promotion de l’entrepreneuriat et de la souveraineté alimentaire.
Ce programme, porté par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), vise à créer un circuit d’approvisionnement direct entre les étudiants incubés dans les centres de formation agro-sylvo-pastorale et les restaurants universitaires. Au total, les incubés ont encaissé 12.870.000 FCFA pour la vente de 35 tonnes d’oignons.

« Nous voulons éviter que nos jeunes soient découragés par les difficultés de commercialisation. En contractualisant avec les restaurants universitaires, nous leur assurons un marché stable et rémunérateur », a souligné le ministre THIOMBIANO lors de la vente des oignons. Jusqu’ici, l’écoulement des productions agricoles des étudiants représentait un défi majeur. En effet, les récoltes de tomates étaient vendues sur les marchés extérieurs, notamment à des commerçants ghanéens, tandis que l’oignon peinait à trouver preneur au niveau local.

Grâce à ce programme, les incubés bénéficient désormais d’un marché sécurisé, où leur production est directement achetée par le Centre National des Œuvres Universitaires (CENOU) pour approvisionner les restaurants des campus. D’un côté, les restaurateurs universitaires ont l’assurance d’un approvisionnement régulier en produits frais et locaux, favorisant ainsi une alimentation plus saine et un soutien à l’économie nationale. De l’autre, les étudiants incubés bénéficient de prix négociés au-dessus de ceux du marché, leur garantissant une rentabilité encourageante pour poursuivre leurs activités.

Selon le Pr Adjima THIOMBIANO, ce projet répond à une vision stratégique : faire des jeunes incubés de véritables modèles d’entrepreneurs agricoles, capables d’inspirer d’autres étudiants encore sur les bancs de l’université. « Si vous réussissez dans cette voie, vous deviendrez des vitrines pour inciter d’autres jeunes à entreprendre, au lieu de compter uniquement sur les concours de la fonction publique », a-t-il laissé entendre. Avec 35 tonnes d’oignons et 120 caisses de tomates déjà produites, les étudiants de la première promotion de Bagré sont les pionniers de cette transformation.

« Nous sommes fiers de nos réalisations. Grâce à cette initiative, nous avons un débouché sûr et nous pouvons envisager l’avenir avec plus de sérénité », témoigne Arlette Kaboré, représentante des étudiants incubés de la première promotion. Cette dernière a félicité et remercié le ministère pour cette initiative qui, selon elle, va leur permettre d’évacuer leur production en toute sécurité. Prenant la parole, le représentant des responsables des restaurants universitaires, Tamini Yézouma Marcelin, a promis l’achat en quantité des oignons produits par les étudiants incubés.

« Si on a produit, c’est pour consommer. Donc nous allons acheter », a-t-il rassuré. À l’entendre, cette initiative va renforcer les liens entre formation universitaire, entrepreneuriat agricole et consommation locale. L’ambition du gouvernement est d’étendre cette initiative à toutes les universités et régions du Burkina Faso. A en croire le Pr Adjima THIOMBIANO, l’objectif est de créer des centres d’incubation agricoles autonomes, où les étudiants pourront produire des denrées adaptées aux besoins des restaurants universitaires.

Dans cette perspective, un mécanisme de soutien financier sera mis en place. « Les recettes générées par la vente des récoltes seront réinvesties dans des fonds de départ pour aider les incubés à s’installer à la fin de leur formation », a confié le premier responsable du MESRI. Plus qu’un simple programme d’approvisionnement, cette initiative incarne une révolution dans la formation et l’insertion professionnels des étudiants burkinabè.
Salfo Zabré
LA PLUME



