IPES au Burkina Faso : Le MESRI lève les zones d’ombre du nouveau cahier des charges

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a organisé, ce mardi 18 novembre 2025 à Ouagadougou, une conférence de presse consacrée aux dispositions du nouveau Cahier des charges (CDC) des Institutions Privées d’Enseignement Supérieur (IPES), adopté par l’Arrêté n°2025-363/MESRI/SG/DGESup du 13 novembre 2025. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un plan de communication sur le CDC et avait pour objectif de présenter les principales innovations réglementaires encadrant la création, l’ouverture, le fonctionnement, l’évaluation et la fermeture des IPES au Burkina Faso, ainsi que de lever les incompréhensions survenues après la présentation du CDC aux promoteurs.

Le Secrétaire Général du MESRI, le Pr Samuel Paré, représentant le ministre de l’Enseignement supérieur, a déclaré que toute IPES doit être une personne morale de droit burkinabè, contrôlée par des Burkinabè, avoir son siège social au Burkina Faso et un premier responsable résidant obligatoirement sur le territoire national. « Ces innovations n’enlèvent en rien à l’État du Burkina Faso le droit d’initier ou de participer, directement ou indirectement, à la création d’IPES dans le cadre des accords et traités internationaux que le Burkina Faso a conclus », rassure t-il.

Le SG d a ajouté que chaque IPES doit disposer d’un nombre minimum d’enseignants permanents selon le type d’institution. Les autres enseignants doivent obtenir une autorisation après une formation en pédagogie et la proportion d’enseignants permanents doit atteindre 20 % après 10 ans et 50 % après 25 ans. Pour les IPES formant en sciences de la santé, le personnel enseignant et encadrant doit être hautement qualifié en raison de la sensibilité des questions de santé publique. « Ainsi, toute IPES souhaitant ouvrir une formation en Médecine, Pharmacie, Chirurgie dentaire ou Sciences et médecine vétérinaires doit disposer préalablement d’au moins 60 % d’enseignants hospitalo-universitaires permanents dans certaines spécialités médicales précisées dans le cahier des charges », a précisé le Pr Paré.

Concernant le recrutement des enseignants âgés de plus de 65 ans, admis à la retraite, un quota maximum de 20 % du personnel permanent a été fixé pour les IPES de la santé. Pour les IPES ne formant pas en sciences de la santé, l’obtention des diplômes de Licence (3e année), de Master (5e année) et de Doctorat (8e année) se fera à travers des évaluations nationales organisées par les IESR publiques. Pour les IPES de santé, poursuit-il, tous les passages en classe supérieure, de la 1re année de licence à la dernière année de doctorat, feront également l’objet d’évaluations nationales. « Ce dispositif vise à harmoniser les standards de formation et à faciliter la reconnaissance des diplômes délivrés par les IPES », a expliqué M. Paré.

Le représentant du ministre chargé de l’enseignement supérieur a toute fois noté que les réformes traduisent une volonté du gouvernement d’améliorer durablement la qualité de l’enseignement supérieur privé, de sécuriser les parcours académiques des étudiants et de consolider la valeur et la compétitivité des diplômes au plan national et international. Il a annoncé que la réforme sera appliquée dès le début de l’année académique 2026-2027. « Ceux qui ont déjà terminé la partie théorique de leur licence et n’ont pas encore soutenu doivent tout faire pour soutenir, car la mise en œuvre sera appliquée correctement et sans distinction », a-t-il affirmé.

Pour sa part, Dr Mariette Miningou/Yougbaré, Directrice des institutions privées d’enseignement supérieur, a rappelé qu’il n’est pas interdit aux retraités d’exercer dans les IPES, mais que le quota a été réduit. « Nous ne souhaitons pas que les IPES fonctionnent uniquement avec des retraités alors que des jeunes aspirent à être recrutés. Les IPES peuvent aider l’État en s’impliquant dans le recrutement des jeunes », a-t-elle laissé entendre. Elle a ajouté que les examens nationaux concernent tous les étudiants, qu’ils soient dans le public ou le privé. Car selon elle, « les IPES sont autorisées à fonctionner avec un certain nombre de filières et à délivrer des diplômes, mais depuis 2017, nous effectuons un suivi et un contrôle. Certaines filières ont été ouvertes sans autorisation ministérielle ; même si l’établissement est autorisé, ce n’est pas nécessairement le cas pour toutes les filières. Il est donc essentiel de revenir vérifier pour apporter des réponses et avec les examens nationaux, ce travail de reconnaissance sera simplifié», a-t-elle conclu.
Adjaratou Séré/ LA PLUME



