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Burkina : Bila, l’ex-ravitailleur des terroristes dans le Nakambé, appelle les complices à se rendre

Approvisionnement en vivres, en carburant et en engins, recel et écoulement de marchandises et de vivres pillés, hébergement de criminels, transmission d’informations… Bila (28 ans) était l’homme à tout faire des terroristes dans le Nakambé. Aujourd’hui, il le regrette amèrement et appelle ses frères restés dans ce circuit à se rendre aux Forces combattantes avant qu’il ne soit trop tard. Originaire de Gonaba, dans la commune de Soudougui (Koupéla, Nakambé), Bila exerçait officiellement comme commerçant.

Mais en coulisses, il assurait une multitude de services aux terroristes opérant dans la zone jusqu’à Kabonga/Pama : approvisionnement en vivres, en carburant et en engins, recel de marchandises pillées, hébergement de combattants et transmission d’informations. Il se chargeait également de l’écoulement des céréales pillées ou prélevées comme zakat auprès des populations.

« Tout ce que les terroristes voulaient comme ravitaillement, que ce soit des vivres, du carburant, des engins et autres, je faisais de mon mieux pour les ravitailler et récupérer mon argent », avance le jeune homme, qui officiait également comme logisticien. Le business morbide de Bila était si florissant qu’il ne savait pas que les Forces combattantes le pistaient et attendaient le bon moment pour le cueillir. C’est au cours d’une opération d’écoulement de vivres pillés qu’il est tombé dans le filet des Forces combattantes à Comin-Yanga. Blessé lors de son interpellation, il dit avoir bénéficié d’une prise en charge médicale complète.

« Je puis vous rassurer que j’ai été bien pris en charge et cela continue jusqu’à aujourd’hui. Ici, je ne manque de rien. On m’a même trouvé du travail pour que je puisse m’occuper et contribuer à la construction du pays », confie-t-il. Depuis son interpellation, Bila dit avoir pleinement réalisé l’étendue de ses errements. « C’est lorsque j’ai été interpellé que j’ai compris que j’étais dans l’égarement. Franchement, je regrette beaucoup ce que j’ai fait », avoue-t-il.

Sa réflexion le conduit à un constat amer sur la responsabilité des citoyens dans la crise que traverse le Burkina Faso. « Les autorités du pays font de très grands efforts. Cependant, c’est nous, les citoyens, qui refusons de nous aligner et continuons à poursuivre des intérêts égoïstes, tirant ainsi le pays vers le bas », déplore-t-il.

Bila s’adresse ensuite directement à ceux qui, dans la zone de Comin-Yanga, continuent de collaborer avec les groupes terroristes. Son message est sans ambiguïté : les Forces combattantes savent qui ils sont et les surveillent. «Quand les FDS m’ont interpellé, elles m’ont fait savoir qu’elles me suivaient depuis très longtemps et qu’elles savaient que, tôt ou tard, elles allaient m’avoir. Elles sont aussi au courant de tous ceux qui continuent de collaborer avec les terroristes et elles sont à leurs trousses », avertit-il.

À ceux qui hésitent encore, il lance un ultime avertissement : «Tous ceux qui collaborent avec les groupes terroristes dans la zone de Comin-Yanga me connaissent très bien et ils savent aussi que je sais ce qu’ils font. Je n’ai donc plus besoin de prononcer le nom de quelqu’un pour lui dire d’arrêter de ravitailler les terroristes. Si vous êtes chanceux comme moi, vous pourrez être interpellés vivants. Dans le cas contraire, vous risquez d’être neutralisés lors des offensives contre les terroristes si vous continuez à les fréquenter. »

Bila conclut son témoignage par un message de gratitude aux Forces combattantes et aux autorités, ainsi que par des excuses à sa famille. « J’adresse mes salutations à ma famille que j’ai déshonorée. Je suis en bonne santé et, si Dieu le veut, on se reverra un de ces jours », dit-il, la voix chargée d’émotion.

Agence d’information du Burkina

LA PLUME

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