Bourses d’études au Burkina Faso : Le MESRI dévoile les nouvelles règles d’attribution et de suivi

Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) veut réorganiser le système national des bourses d’études. À travers un nouveau décret adopté en Conseil des ministres, le gouvernement introduit de nouveaux critères d’attribution, renforce le suivi des étudiants à l’étranger et entend faire de la bourse un véritable outil au service du développement du Burkina Faso. Face aux hommes et femmes des médias, ce mercredi 1er juillet 2026 à Ouagadougou, le Secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Samuel Paré, a présenté les grandes lignes de la réforme du régime des bourses d’études de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Cette rencontre avait pour objectif d’apporter des précisions sur les nouvelles dispositions introduites par le décret portant révision des critères d’attribution des bourses. Adopté par le Conseil des ministres en sa séance du 25 juin 2026, ce nouveau texte abroge l’ancien décret de 2021 relatif aux différents régimes d’aides, de bourses d’études et de stages. Selon le Pr Samuel Paré, cette réforme répond à la nécessité de moderniser le dispositif de gestion des bourses, d’améliorer la gouvernance des ressources publiques consacrées à la formation et de mieux orienter les investissements vers les domaines prioritaires pour le développement national. « Il ne s’agit nullement d’empêcher les bukinabè d’étudier à l’extérieur », a tenu à préciser le Secrétaire général du MESRI. Pour lui, la réforme vise plutôt à mieux encadrer la mobilité académique internationale et à garantir que les formations suivies correspondent aux besoins réels du pays.
Treize catégories de bourses désormais reconnues
L’une des principales innovations du nouveau régime concerne la création et la réorganisation des catégories de bourses. Le nouveau texte prévoit désormais treize catégories distinctes. Parmi les nouveautés figure la « bourse patriotique », qui offre la possibilité à toute personne physique ou morale, burkinabè ou étrangère, de financer directement une formation ou une activité de recherche dans une logique d’engagement citoyen. Le décret introduit également la bourse d’inscription, destinée à couvrir tout ou partie des frais d’inscription académique des apprenants orientés par l’État, ainsi que la bourse spécifique d’indigence qui remplace l’ancien système général d’aides et cible les étudiants confrontés à des difficultés sociales particulières.
Les critères d’attribution révisés
Désormais, l’accès aux bourses sera principalement déterminé par plusieurs critères hiérarchisés. A entendre le Pr Paré, il s’agit notamment des filières prioritaires définies par le ministère, de la série du baccalauréat du candidat, du niveau et du type de diplôme préparé, du mérite académique et de l’âge. Le critère relatif aux revenus des parents est supprimé dans le nouveau dispositif. Cette nouvelle orientation traduit, selon le MESRI, la volonté de privilégier les formations capables de répondre aux défis économiques, scientifiques et technologiques du Burkina Faso.
Une autorisation obligatoire du MESRI
La réforme instaure également une nouvelle règle concernant les études, formations et stages à l’étranger. « Désormais, tout Burkinabè souhaitant poursuivre un parcours académique hors du territoire national devra obtenir une autorisation préalable du ministre chargé de l’Enseignement supérieur, quelle que soit l’origine du financement », a souligné le SG du Ministère. Toujours dans ses propos, cette mesure permettra de mieux suivre les étudiants, de s’assurer de la reconnaissance des établissements d’accueil et de lutter contre les établissements fictifs, les faux diplômes et les formations sans valeur académique. « Elle permettra aussi de constituer une base de données sur les compétences des Burkinabè formés à l’extérieur afin de mieux valoriser leur expertise au profit du développement national », a-t-il ajouté.
Le devoir de servir la Nation renforcé
Autre changement majeur : l’engagement patriotique demandé aux bénéficiaires de bourses est renforcé. La période durant laquelle un boursier doit rester disponible pour servir l’État après sa formation passe désormais de dix à quinze ans. Le nouveau décret prévoit également un mécanisme d’activation obligatoire de la bourse. Chaque bénéficiaire devra confirmer son inscription et fournir des documents justificatifs pour continuer à bénéficier de son financement. En cas de non-activation, la bourse sera définitivement retirée. Pour faciliter les démarches, le ministère prévoit la mise en place dans les heures suivantes, une plateforme numérique sécurisée permettant aux demandeurs d’effectuer leurs procédures en ligne. Les pièces exigées et les modalités pratiques seront précisées ultérieurement par le MESRI. Avec cette réforme, le gouvernement entend faire de la bourse d’études non plus seulement une aide financière, mais un investissement stratégique dans le capital humain. Une orientation qui vise à rapprocher davantage la formation des jeunes des priorités de développement du Burkina Faso.
Salfo Zabré/LA PLUME



