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Ouagadougou : Le RISA ouvre le débat sur la consolidation des acquis de l’AES

Le Rassemblement des intelligences pour la souveraineté de l’Afrique (RISA) a organisé, ce samedi à Ouagadougou, la troisième édition de son panel international consacré à la Confédération des États du Sahel (AES). Placée sous le thème « Confédération de l’AES : comment consolider les acquis ? », la rencontre a réuni des membres du gouvernement, des responsables d’institutions, des universitaires, des experts et des acteurs de la société civile autour d’une réflexion sur les avancées enregistrées par la Confédération et les défis qui restent à relever.

Le Présidium lors de l’ouverture de la cérémonie

Patron de la cérémonie, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le camarade commandant Ismaël Sombié, représenté par Mussa Serge Dao, a salué l’engagement du RISA en faveur de la promotion du débat intellectuel au service de la souveraineté africaine. Selon lui, aucune révolution durable ne peut être menée sans une élévation constante du niveau de conscience politique des citoyens. Dans son discours, le représentant du ministre a estimé que la création de la Confédération des États du Sahel marque une étape importante, mais que le véritable défi réside désormais dans la transformation de cette volonté politique en actions concrètes capables d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.

Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le camarade commandant Ismaël Sombié, représenté par Mussa Serge Dao

« La souveraineté n’est jamais un acquis définitif. Elle est une œuvre quotidienne qui exige de la lucidité, de la discipline, de l’organisation et surtout l’engagement permanent des citoyens », a-t-il déclaré. Poursuivant avec le discours du ministre, celui-ci a souligné que cette vision trouve un écho particulier au Burkina Faso, où les politiques publiques accordent une place centrale au renforcement des capacités nationales et à la valorisation des ressources locales. Dans cette dynamique, le département en charge de l’Agriculture met en œuvre plusieurs réformes destinées à accroître durablement la production nationale et à renforcer la sécurité alimentaire.

Les participants lors du panel

Le représentant du ministre a notamment évoqué le renforcement de l’Offensive agropastorale et halieutique, l’accélération des aménagements hydro-agricoles, la promotion de l’irrigation, le développement de la mécanisation agricole, l’amélioration de la santé animale ainsi que le soutien aux organisations de producteurs. Pour lui, ces initiatives participent à la construction d’une véritable souveraineté économique. Il a également insisté sur la nécessité d’une coopération renforcée entre les pays de l’AES afin de mutualiser les compétences, harmoniser progressivement les politiques agricoles, développer les chaînes de valeur régionales et favoriser la libre circulation des produits agricoles et des innovations. S’adressant particulièrement à la jeunesse, il a lancé un appel à considérer l’agriculture comme un secteur d’avenir, porteur d’innovation, d’entrepreneuriat et de création de richesses.

Le coordonnateur national du RISA, Adama Siguiré

Le représentant du ministre a par ailleurs relevé que les sous-thèmes retenus pour cette troisième édition traduisent la vision globale portée par les chefs d’État de l’AES. Il a mis en avant l’importance d’une communication responsable pour contrer les campagnes de désinformation, le rôle déterminant de la mobilisation populaire dans la réussite des réformes ainsi que la nécessité d’une synergie permanente entre les Forces de défense et de sécurité et les populations face aux défis sécuritaires. Prenant la parole, le coordonnateur national du RISA, Adama Siguiré, a indiqué que cette troisième édition intervient au moment où la Confédération des États du Sahel célèbre ses deux années d’existence officielle. Selon lui, cette rencontre vise à dresser un bilan des progrès accomplis tout en identifiant les défis qui subsistent. « Nous avons enregistré des acquis dans les domaines de la défense, du développement et de la diplomatie. Mais il reste encore beaucoup de défis à relever. Ce panel est l’occasion d’encourager les populations à poursuivre les efforts tout en réfléchissant aux sacrifices qui restent nécessaires », a-t-il expliqué.

Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, Bassolma Bazié, a salué l’initiative du RISA

Il s’est réjoui de la forte mobilisation des participants ainsi que de la qualité des intervenants, parmi lesquels figuraient notamment Bassolma Bazié, des responsables militaires et des universitaires. Intervenant comme panéliste, le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel, Bassolma Bazié, a salué l’initiative du RISA, qu’il considère comme un espace de formation et de mobilisation intellectuelle indispensable à la réussite du projet souverainiste de l’AES. Revenant sur le parcours de la Confédération, il a rappelé les principales avancées enregistrées depuis la création de l’Alliance des États du Sahel en septembre 2023, puis de la Confédération en juillet 2024. Il a cité, entre autres, les progrès réalisés dans la mise en place de la force unifiée de l’AES, la création de la Banque confédérale de développement, le lancement du passeport et de la carte biométrique de l’AES ainsi que le renforcement de l’action diplomatique commune des trois États.

Pour Bassolma Bazié, ces résultats sont le fruit d’importants sacrifices consentis par les États et les populations. Toutefois, il a averti qu’il ne fallait pas céder à l’autosatisfaction. « Les enjeux sont profonds, complexes et nombreux. Il faut mobiliser les masses populaires pour protéger les acquis et poursuivre la construction de notre espace confédéral. La bataille engagée est une bataille de longue haleine qui devra être poursuivie par les générations futures », a-t-il déclaré. À travers cette troisième édition, le RISA entend ainsi renforcer la réflexion stratégique autour de la Confédération des États du Sahel et contribuer à une meilleure appropriation populaire des enjeux liés à la souveraineté, au développement et à l’intégration régionale. Les recommandations issues des échanges devraient alimenter la réflexion sur les actions à entreprendre pour consolider les acquis de l’AES et renforcer la résilience de l’espace confédéral.

Salfo Zabré/LA PLUME

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