
La tentative de mutinerie survenue à Niamey doit certes être saluée pour la réaction rapide des forces loyalistes. En quelques heures, elles ont réussi à contenir la situation et à reprendre le contrôle des points sensibles. Mais au-delà de cette prouesse, l’événement doit surtout servir d’avertissement aux autorités nigériennes et, plus largement, aux dirigeants de l’AES.
Il faut désormais renforcer le renseignement et surtout apprendre à anticiper. Lorsqu’une grogne commence à naître au sein de l’armée, il est préférable de l’identifier rapidement, d’en comprendre les causes et de rechercher des solutions avant qu’elle ne dégénère. Une mutinerie ne surgit pas toujours de nulle part. Elle peut être précédée de signaux qu’un renseignement efficace doit pouvoir détecter.
Le Niger, déjà confronté au terrorisme et à de nombreux défis, ne peut se permettre une nouvelle crise interne. Une déstabilisation du pays ne serait d’ailleurs pas uniquement une affaire nigérienne. Elle fragiliserait toute l’AES. C’est pourquoi la solidarité exprimée par le Burkina Faso et le Mali est importante. Mais elle doit aller au-delà des déclarations.
Le partage du renseignement, la coopération sécuritaire et la prévention des crises doivent être davantage renforcés entre les trois pays. Les dirigeants doivent également rester à l’écoute des militaires. Il ne s’agit nullement de cautionner l’indiscipline, encore moins les mutineries, mais de comprendre les frustrations lorsqu’elles existent et de leur apporter des réponses avant qu’elles ne deviennent explosives.
L’AES a fait le choix de l’unité et de la solidarité. Elle doit maintenant faire de l’anticipation l’un de ses principaux remparts. Car lorsqu’un membre vacille, c’est toute la Confédération qui tremble. Et tout recul de l’un est un recul pour tous.
La Rédaction



