Politique

Enseignement Supérieur : Le Burkina Faso, le Mali et le Niger signent des accords pour harmoniser leurs formations

‎Réunis à Ouagadougou dans le cadre de la deuxième Conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, les pays de la Confédération des États du Sahel (AES) ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération universitaire et scientifique. Le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont signé des accords visant à harmoniser leurs systèmes de formation et à renforcer la coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Le Togo a également pris part aux travaux.

‎La coopération universitaire et scientifique entre les trois pays de l’AES se renforce. À l’issue de la deuxième Conférence des responsables des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, tenue à Ouagadougou, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont procédé à la signature d’accords destinés à consolider leur collaboration dans ce secteur stratégique. ‎Ces engagements portent notamment sur la coopération en matière d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation dans l’espace confédéral, ainsi que sur la formation et la coopération dans les domaines des mines et du pétrole. Ils visent à rapprocher les systèmes de formation des trois pays et à favoriser le développement de compétences adaptées à leurs priorités communes. ‎La rencontre s’est déroulée en présence du Togo, qui a participé aux échanges aux côtés des pays membres de l’AES. Les accords signés concernent toutefois les trois États de la Confédération : le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Pr Adjima Thiombiano, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation

‎Placée sous le thème de l’harmonisation et de l’endogénéisation des systèmes d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation pour des ressources humaines compétentes et un développement harmonieux des pays de l’AES, cette deuxième conférence s’inscrit dans la continuité de la rencontre organisée à Bamako en juin 2025. Les travaux ont notamment porté sur les mécanismes permettant de faciliter la mobilité des étudiants, des enseignants-chercheurs et des chercheurs entre les trois pays. L’harmonisation envisagée doit cependant tenir compte des spécificités de chaque système éducatif, sans conduire nécessairement à leur uniformisation. À la clôture des travaux, le ministre burkinabè de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, a rappelé que la mobilité académique devait répondre aux besoins réels des populations.

La signature des accords entre les trois pays de l’AES

‎« La mobilité ne sera vraiment quelque chose de bénéfique pour nos États que si réellement l’enseignement supérieur et la recherche s’attaquaient aux questions existentielles de nos populations », a-t-il déclaré. Pour le ministre, les formations dispensées dans les universités doivent davantage tenir compte des réalités économiques, sociales et culturelles des pays concernés. Les diplômés doivent pouvoir mobiliser leurs connaissances pour contribuer concrètement au développement de leurs sociétés. Au-delà de l’harmonisation des curricula, la rencontre a mis en évidence l’importance de la prise en compte des savoirs endogènes dans les programmes de formation et les activités de recherche. L’ambition est de rapprocher les universités et les centres de recherche des préoccupations des populations, tout en préservant les spécificités culturelles de chaque pays.

Les experts qui ont pris part à la rencontre

‎Le Pr Adjima Thiombiano a également insisté sur la nécessité d’évaluer les performances scientifiques à l’aune de leurs retombées pour les citoyens. « Qu’est-ce que la population, qu’est-ce que les citoyens de l’AES tirent de cette performance des chercheurs et des enseignants-chercheurs ? En quoi l’étudiant peut-il être directement utile en notre société ? », s’est-il interrogé. Les échanges ont par ailleurs souligné l’intérêt de mutualiser les capacités scientifiques et de développer des formations dans des secteurs stratégiques, notamment les mines, le pétrole et les domaines essentiels à la souveraineté des États. ‎Avec la signature de ces accords, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent ainsi donner une traduction concrète à leur volonté de bâtir un espace confédéral de coopération universitaire et scientifique. Le défi sera désormais d’assurer leur mise en œuvre effective, afin que les engagements pris se traduisent par des formations plus adaptées, une meilleure circulation des compétences et une recherche davantage tournée vers les besoins des populations.

‎Salfo Zabré / LA PLUME

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