
Le Conseil National de l’Économie Informelle du Burkina Faso (CNEI-BF), en partenariat avec le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida et les Infections Sexuellement Transmissibles (SP/CNLS-IST), a animé une conférence publique ce lundi 13 janvier 2025 à Ouagadougou au profit des acteurs du secteur informel. Cette rencontre rentre dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida et les IST au Burkina.
Dans le cadre de la lutte contre le VIH/Sida, le SP/CNLS-IST a déboursé près de 33 millions de francs CFA pour financer le CNEI-BF à travers la formation et la sensibilisation des populations dans quatre localités du Centre-Nord, du Plateau Central et du Centre-Sud. Cette formation a pris fin ce mardi par une conférence publique organisée dans la capitale. Salifou Nikiéma, président du CNEI-BF, a remercié le CNLS-IST pour ses nombreuses actions visant à sensibiliser sur les risques de contamination qui menacent les membres et les unités économiques du secteur informel.

Il a expliqué que l’économie informelle représente aujourd’hui une opportunité de saine occupation pour la jeunesse et pour toute la population active. Pour le président du CNEI-BF l’économie informelle est une source importante de création d’emplois et de richesses dans la plupart des pays en développement, comme le cas du Burkina Faso, où elle occupe 93,9 % de la population active. De ce fait, « le secteur informel est un pilier que les politiques publiques de nos pays ne doivent ni négliger ni abandonner, compte tenu de son importance pour la stabilité sociale », a-t-il rappelé. Une étude réalisée par l’Institut national de la statique et de la démographie (INSD) en 2008 a montré que le taux de scolarisation des acteurs du secteur informel était de 11,10 %.

« Ce faible taux n’est pas sans conséquences sur la propagation d’idées reçues qui freinent la lutte contre le VIH/Sida et les IST dans ce milieu », a déploré M. Nikiéma. Il a ajouté que, compte tenu du fait que 88,90 % des actifs du secteur informel n’ont aucun niveau de scolarisation, il devient plus aisé de comprendre leurs réticences face à certains messages de prévention. « Le manque d’instruction rend difficile l’application et le respect de certaines bonnes pratiques en matière de lutte contre les infections. Il n’est pas rare d’entendre, dans nos communautés, des personnes nier l’existence même du VIH/Sida tout en adoptant des comportements qui exposent leurs familles et leurs activités », a-t-il fait savoir.

Saisissant la parole, Saïdou Romba, Contrôleur interne du SP/CNLS-IST a expliqué que le VIH reste un problème majeur de santé publique. Il a rappelé les progrès réalisés, notamment la réduction de la prévalence, qui est passée de 7 % dans les années 1990 à 0,6 % en 2022. « Ces chiffres témoignent des efforts considérables fournis par les différents acteurs, y compris ceux du secteur informel, pour parvenir à ces résultats », a-t-il déclaré. Toutefois, il a insisté sur le fait que le combat continue, car beaucoup pensent à tort que le VIH a disparu. « Les données dont nous disposons montrent le contraire. Bien que la prévalence soit aujourd’hui inférieure à 1 % au sein de la population générale, elle reste élevée dans certains groupes », a-t-il averti.

Le contrôleur interne du SP/CNLS-IST a souligné que les jeunes adoptent aujourd’hui des comportements préoccupants. « Si nous ne faisons rien face à cette réalité en menant les actions nécessaires, nous risquons de voir resurgir le VIH ». Pour fini, il à rappelé que le partenariat avec le CNEI-BF, qui a déjà prouvé son efficacité, est essentiel pour toucher l’ensemble des acteurs du secteur informel.
Adjaratou Séré et Fatou Toé (Stagiaires)



