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Burkina Faso : L’UAS dénonce la crise socio-économique et les atteintes aux droits des travailleurs

Le 25 janvier 2025, à Ouagadougou, l’Unité d’action syndicale (UAS) a organisé une conférence publique pour marquer la commémoration du 3 janvier 1966, en abordant les préoccupations actuelles des travailleurs burkinabè. Cette conférence a été l’occasion de dénoncer la crise sécuritaire, l’augmentation du coût de la vie, les injustices fiscales et la mise en cause des libertés fondamentales dans un contexte de guerre et de réformes gouvernementales.

Marcel Zanté, secrétaire général de la Confédération nationale des travailleurs du Burkina (CNTB), a vivement critiqué les politiques fiscales actuelles. Selon lui, « sous le couvert du financement de la lutte contre le terrorisme, les pouvoirs successifs ont appliqué une politique fiscale préjudiciable aux ménages ». Il a notamment dénoncé la Contribution spéciale (CS), une taxe qui, selon lui, touche injustement les produits de consommation et les salaires des travailleurs, générant ainsi plus de 99 milliards de francs en 2023, alors que des fonds restent non récupérés dans des affaires de corruption.La conférence a également mis en lumière les effets dramatiques de la crise sécuritaire sur la population.

Guy Olivier Ouédraogo, secrétaire général de la Confédération syndicale burkinabè (CSB), a rappelé que « le Burkina Faso est aujourd’hui le pays le plus touché par le terrorisme en Afrique », soulignant que la violence a engendré une insécurité alimentaire, une inflation galopante et une déscolarisation massive des enfants dans les zones de conflit. Il a également dénoncé des atteintes aux libertés publiques, telles que des exécutions extrajudiciaires et des enlèvements de journalistes et de militants syndicaux, soulignant que « la lutte pour les libertés est une priorité pour les syndicats burkinabè ».

Concernant la vie chère, Marcel Zanté a précisé que l’inflation, atteignant 17 % en 2022, a exacerbé la souffrance des populations, notamment à cause de la hausse des prix des hydrocarbures, impactant directement les prix des produits de grande consommation. « Chaque hausse des prix des hydrocarbures entraîne une augmentation des prix des produits de grande consommation », a-t-il affirmé. Il a appelé à des alternatives plus justes pour financer les efforts de l’État, notamment en récupérant les fonds issus des détournements financiers.L’UAS a également exprimé des inquiétudes concernant l’opérationnalisation du Régime d’assurance maladie universelle (RAMU).

Sidiki Dramé, représentant des syndicats autonomes, a souligné que bien que l’UAS soutienne l’initiative, elle reste préoccupée par le financement insuffisant du secteur de la santé. « Le budget alloué à la santé est toujours en deçà des 15 % promis à Abuja en 2001 », a-t-il rappelé. L’UAS plaide pour une réduction des cotisations des travailleurs en raison de la situation économique difficile.En conclusion, l’UAS a réaffirmé son engagement à défendre les droits des travailleurs et a appelé à des réformes plus équitables, soulignant l’importance de la solidarité pour faire face aux défis actuels. « Le gouvernement doit respecter les droits fondamentaux et garantir la sécurité des citoyens », a conclu Guy Olivier Ouédraogo, avant d’appeler à une mobilisation pour une meilleure prise en compte des réalités de la base.

Tarik Ouédraogo

LA PLUME

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