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Burkina/Santé maternelle et périnatale: Débriefing des journalistes à Ziniaré 

Du 6 au 9 Août 2025, des journalistes de divers médias seront debrifés sur l’élimination des décès maternels et périnatals évitables dans la région d’Oubri. À l’ouverture de la première session de l’atelier de débriefing et d’information des acteurs des médias sur le décès maternels et périnatals ce mercredi 6 Août 2025, plusieurs médias ont répondu présent, témoignant de l’intérêt et des enjeux du moment sur la santé maternelle. L’objectif général est de renforcer l’implication des médias dans la lutte contre les décès maternels et périnatals évitables, en les associant à la diffusion d’informations fiables et à la promotion des bonnes pratiques.

La santé maternelle au coeur des échanges

Le Système de gestion des incidents (SGI) joue un rôle crucial dans la coordination et la réponse aux urgences sanitaires, notamment face aux décès maternels et périnatals. Ces décès, souvent évitables, sont liés à de nombreuses causes : lacunes dans les soins prénatals, retards dans la prise en charge, et insuffisances organisationnelles.« Notre pays a déclaré les décès maternels comme étant des incidents. Il était donc important, en tant qu’acteurs de la communication, que nous puissions échanger avec vous, vous présenter la situation actuelle, les chiffres concernant les décès maternels et périnatals, et les ripostes mises en œuvre. Nous sollicitons également votre accompagnement », a déclaré Yéri Silvie Youl/ Traoré, Directrice de la santé de la famille. Elle a expliqué que ces décès sont souvent liés à ce que l’on appelle les « trois retards » :Le retard dans la décision de recourir aux soins, le retard dans l’accès aux structures de santé et le retard dans la prise en charge une fois à l’hôpital.« Votre rôle est primordial pour contribuer à réduire ces retards », s’est-elle adressée à l’endroit des journalistes, insistant sur leur pouvoir d’influence :«Vos voix portent, vos plumes portent, vos images portent. Nous attendons de vous que vous transmettiez les bons messages pour inciter la population à recourir précocement aux soins, et à s’intéresser à la santé de la mère et de l’enfant à travers le SGI» Elle a précisé que le SGI s’inspire du modèle militaire des brigades d’intervention rapide, et qu’il agit au nom du ministre de la Santé, auquel il rend compte directement.

Pr Adama Ouattara agrégé en gynécologie-obstétrique,

Adama Ouattara, Professeur agrégé en gynécologie-obstétrique, a rappelé que la mortalité maternelle correspond à la mort d’une femme survenant au cours de la grossesse ou dans les 42 jours qui suivent sa fin, pour une cause liée à la grossesse. Quant à la mortalité périnatale, explique Pr Ouattara, elle comprend deux volets : Les enfants mort-nés, et les décès néonatals précoces, survenant dans la première semaine de vie.« Au Burkina Faso, la mortalité maternelle et périnatale reste une préoccupation majeure. En 1993, le ratio de mortalité maternelle était de 587 pour 100 000 naissances vivantes. En 2021, selon l’Enquête démographique et de santé (EDS), ce chiffre est descendu à 198. Malgré cette avancée, nous perdons encore chaque année entre 900 et 1 000 femmes à cause de la grossesse », a-t-il expliqué. Concernant la mortalité périnatale, il a précisé qu’on enregistre environ 15 000 décès par an, dont 9 000 enfants mort-nés et 6 000 décès néonatals précoces.

Dr Yéri Silvie Youl/ Traoré, directrice de la santé de la famille 

« Ces chiffres restent très élevés. C’est d’ailleurs ce qui a conduit le Burkina Faso à déclarer la mortalité maternelle et périnatale comme des incidents », a-t-il confié. Pr Ouattara a également détaillé les causes médicales des décès maternels :causes directes : hémorragies, infections, et les causes indirectes : anémies, malnutrition. Pour les décès périnatals, les principales causes sont la prématurité, le faible poids à la naissance et les infections néonatales. Pr  Ouattara a invité à une prise de conscience collective, notamment à travers les audits des décès maternels et périnatals, afin d’identifier les défaillances et éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets.« La riposte du gouvernement burkinabè est multisectorielle. Elle comprend l’acquisition d’équipements médicaux pour améliorer la prise en charge des complications, la mise en place de comités de suivi des décès maternels et périnatals dans toutes les structures de santé, à tous les niveaux, ainsi qu’un accent particulier mis sur la communication et l’implication des communautés », a-t-il conclu.

Adjaratou Séré à Ziniaré

LA PLUME 

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