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Dossier Chagos : Une nouvelle aventure «juridique» palpitante s’offre à Me Saïd Larifou

Un nouveau dossier aussi palpitant que historique s’offre une fois de plus à cet avocat émérite. Un dossier pour donner la plénitude de l’âme de tout un peuple, de toute une civilisation. Me Saïd Larifou puisque c’est de lui qu’il s’agit s’apprête à mener une nouvelle aventure juridique sur un dossier dont l’envergure mérite de retroucher les manches de la robe noire. En effet, il s’agit du dossier Chagos, un archipel situé dans l’océan indien.

Pour mémoire, 50 ans après leur expulsion forcée, les Chagossiens refusent de disparaître de l’histoire. Leur gouvernement de Transition, dirigé par Marie Michèle Dominique Soopin, a mandaté l’avocat comorien Me Saïd Larifou pour engager de nouvelles actions juridiques et diplomatiques. La mission de l’avocat est donc de faire reconnaître l’existence du peuple chagossien, contester l’accord signé entre Londres et Port-Louis en mai 2025, et replacer les exilés au cœur d’un conflit trop longtemps traité sans eux.

Le mandat confié à Me Larifou vise en premier lieu l’accord conclu au printemps dernier entre le Royaume-Uni et la République de Maurice. Ce texte prévoit la rétrocession de l’archipel à Port-Louis, tout en maintenant Diego Garcia sous gestion militaire britannique et américaine. La Haute Cour de Londres avait levé une injonction qui bloquait la signature de cet accord, malgré la contestation de deux Chagossiennes, Bernadette Dugasse et Bertice Pompe, qui invoquaient leur droit à la consultation et au retour. Le juge Martin Chamberlain avait alors privilégié « les intérêts publics britanniques », citant la sécurité nationale et la stabilité des relations internationales.

Pour les Chagossiens, cette décision est une double injustice : elle conforte le contrôle stratégique du Royaume-Uni tout en confiant leur terre à Maurice, sans leur accorder la moindre reconnaissance en tant que peuple distinct. En rappel, entre 1968 et 1973, près de 1 500 habitants furent arrachés à leur terre et déportés à Maurice et aux Seychelles. Beaucoup sombrèrent dans la misère, certains moururent de désespoir. Cet épisode, qualifié par des ONG de « nettoyage ethnique », reste l’une des pages les plus sombres de l’histoire coloniale britannique.

En 2019, la Cour internationale de justice (CIJ) a confirmé l’illégalité de ce détachement et demandé la restitution de l’archipel à Maurice. Quelques mois plus tard, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté la résolution 73/295 exigeant le retrait britannique. Mais Londres a refusé, affirmant que la CIJ n’avait rendu qu’un « avis consultatif » non contraignant et que les impératifs stratégiques primaient. La mission assignée à Me Saïd Larifou est aussi crucial. Il doit donc saisir les instances internationales (CIJ, Conseil des droits de l’homme de l’ONU, organisations régionales), interpeller les États tiers pour soutenir la reconnaissance du peuple chagossien et de revendiquer la reconnaissance du Gouvernement de Transition comme représentant légitime des exilés.

LA PLUME

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