Journée mondiale de lutte contre l’hépatite: «Faisons tomber les barrières» au Burkina

Le ministère de la Santé, à travers le Programme sectoriel de lutte contre le VIH/SIDA, les IST et les hépatites virales, a commémoré en différé, ce mercredi 20 août 2025 à Ouagadougou, la Journée mondiale de lutte contre l’hépatite. Placée sous le thème « Hépatite : faisons tomber les barrières » et sous la présidence du ministre de la Santé, Dr Lucien Jean Claude Kargougou, cette commémoration traduit la volonté du ministère de renforcer son engagement dans la lutte contre ces urgences silencieuses.

Dr Lucien Jean Claude Kargougou a souligné que la célébration en différé de cette journée témoigne de leur volonté d’assurer une organisation optimale et une mobilisation large autour de cette cause. « Ce choix stratégique vise à renforcer l’impact de notre message afin qu’il touche l’ensemble de la population, des centres urbains aux localités les plus reculées, et qu’il suscite une prise de conscience individuelle et collective sur les enjeux liés aux hépatites virales », a expliqué le ministre. Il a rappelé que chaque 28 juillet, le monde entier se mobilise pour sensibiliser aux dangers des hépatites virales. Cette dynamique mondiale est essentielle pour alerter, informer et inciter à l’action contre ces infections silencieuses. Jean Claude Kargougou a précisé qu’au Burkina Faso, les hépatites virales, en particulier les types B et C, constituent un enjeu majeur de santé publique en raison des complications graves telles que la cirrhose ou le cancer du foie, entraînant une mortalité importante dans le pays. Cependant, « elles demeurent peu connues des populations. Les dernières données nationales disponibles remontent à 2010, révélant des prévalences de 9,1 % pour l’hépatite B et de 3,6 % pour l’hépatite C ».

Le ministre a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des associations de patients, des agents communautaires et des leaders locaux qui travaillent à leurs côtés. Il a lancé un appel à chaque Burkinabè à s’informer sur l’hépatite, à se faire dépister, à vacciner les enfants contre l’hépatite B et à adopter des comportements protecteurs. « Ensemble, unissons nos forces pour éliminer les hépatites virales au Burkina Faso et bâtir un avenir où cette maladie ne sera plus une menace pour la santé de nos populations », a-t-il souhaité.

Prenant la parole, Dr Laurent Moyenga, représentant du représentant résident de l’OMS au Burkina Faso et parrain de la célébration, a souligné qu’à l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, l’attention est portée sur une crise trop souvent négligée, mais aux lourdes conséquences, que continue d’imposer l’hépatite virale au continent africain. Il a précisé que le thème de cette année invite à relever le défi et à lever les nombreuses barrières, qu’elles soient médicales, structurelles ou sociales, qui entravent l’accès aux soins essentiels. « Aujourd’hui, plus de 70 millions de personnes dans la région africaine de l’OMS vivent avec une hépatite chronique B ou C. Derrière chaque statistique se trouve une personne dont l’avenir est menacé par une maladie que l’on peut prévenir et soigner », a-t-il rappelé. Dr Moyenga a insisté sur l’importance d’administrer la dose de naissance du vaccin contre l’hépatite B dans les 24 heures suivant la naissance, de combattre la stigmatisation et la désinformation grâce à la sensibilisation du public et à la participation communautaire, et de protéger les personnes vivant avec l’hépatite contre la discrimination dans les soins. « Nous lançons également un appel aux partenaires internationaux afin qu’ils renforcent leur soutien, permettant à chaque pays d’accéder aux outils et traitements essentiels pour mettre un terme à cette épidémie », a-t-il ajouté.

Claire Hortense Sanon, présidente de l’association SOS Hépatite, a salué l’intégration de la vaccination gratuite contre l’hépatite B dans le Programme élargi de vaccination, la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, ainsi que la prise en charge médicamenteuse gratuite des personnes atteintes d’hépatite C. Cependant, elle a précisé que de nombreux examens restent à la charge des patients, tant pour l’hépatite B que pour l’hépatite C. « Pour l’hépatite C, si le traitement est gratuit, les examens indispensables au bilan initial et aux suivis, tels que la charge virale, l’échographie et divers bilans biologiques, demeurent payants. Pour l’hépatite B, au-delà de la charge virale, le fibroscome, l’échographie et d’autres examens restent très coûteux », a-t-elle expliqué avant de préciser que le coût global de la prise en charge annuelle, y compris le bilan initial, est souvent insupportable pour un citoyen lambda.
Némata Kaboré (Stagiaire)
LA PLUME



