
Imam El Hadj Aboubacar Kassim SANA nous a quittés le mardi 30 décembre, laissant derrière lui une œuvre immense et un héritage durable.
Né en 1950 à Nobéré dans la province du Zoundwéogo, Imam SANA s’est très tôt engagé sur la voie du savoir et de la science religieuse. Sa formation l’a conduit bien au-delà des frontières nationales. Après un premier parcours au Ghana, il poursuit ses études dans de grands centres du savoir islamique : Le Caire en Égypte, Damas en Syrie, Bagdad en Irak, et surtout Médine en Arabie Saoudite, où il séjourne près de dix années. Il y obtient une Licence d’Enseignement.
De retour au Burkina Faso en 1980, il se consacre à la formation religieuse et à l’encadrement des fidèles, enseignant à la médersa de la Communauté Musulmane, à celle du Mouvement Sunnite, ainsi qu’à l’école franco-arabe de l’Association Ittihad Islami.
En 1997, il devient Président de la Communauté Musulmane du Burkina Faso et Imam de la grande mosquée de Ouagadougou. A ces fonctions, il se distingue par sa sagesse, sa retenue et son sens élevé du dialogue. Il quitte la présidence de la CMBF en 2004, tout en restant une autorité morale et religieuse respectée.
Promoteur convaincu du dialogue interreligieux, il a œuvré, aux côtés du Cardinal Philippe OUEDRAOGO, pour le rapprochement entre la communauté musulmane et la communauté chrétienne. Il croyait fermement que la foi devait unir et non diviser, et que la paix sociale passait par l’écoute, le respect et la reconnaissance mutuelle.
Par sa pédagogie de la da‘wa, il a porté le verbe du grand rassembleur. Il a prêché un islam du juste milieu, un islam de paix, de cohésion sociale et de vivre-ensemble entre toutes les communautés de notre pays. Son discours, mesuré et accessible, a contribué à apaiser les cœurs et à renforcer la fraternité nationale. Il fut le tout premier imam à faire la promotion du prêche en langue locale Mooré et la prière du Quiyamouleyl pendant la période du Ramadan.
Son engagement pour l’unité des musulmans fut constant. Il a été l’un des acteurs majeurs du processus ayant conduit à la création de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) en 2005, convaincu que l’islam au Burkina Faso devait être un facteur de stabilité et de concorde.
En 2017, frappé par la maladie, il est évacué en France pour des soins. Sa convalescence, longue de plus de deux ans, fut marquée par la patience, la dignité et une foi inébranlable, avant son retour auprès des siens.
Aujourd’hui, la Oummah perd un guide, un éducateur et un bâtisseur. Mais son héritage demeure vivant à travers les générations qu’il a formées, les institutions qu’il a contribué à structurer et les valeurs de paix qu’il a incarnées.
En ce jour de son inhumation, ce vendredi 2 janvier 2025, nous implorons Allah, le Tout-Miséricordieux, de lui accorder Son pardon, de l’élever en degrés et de faire de sa tombe un jardin parmi les jardins du Paradis.A sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la Oummah musulmane, nos sincères condoléances.
Inna lillahi wa inna ilayhi rajiʿoun.
Qu’Allah accueille Imam El Hadj Aboubacar Kassim SANA dans Sa miséricorde infinie.
FAIB
LA PLUME



