Société

Ouagadougou : Les blessés en opérations appelés à « se reconstruire »

Les rideaux sont tombés, ce vendredi 4 septembre 2026 à Ouagadougou, sur les « 72 heures du blessé en opérations », autour du thème : « De la blessure à la résilience : une nouvelle vie est possible ». Durant trois jours, la Gendarmerie nationale a mis en avant l’écoute, la reconnaissance et l’accompagnement de ses personnels blessés dans l’accomplissement de leurs missions.

À la cérémonie de clôture, le représentant des blessés en opérations, Mahamadi Compaoré, a exprimé, au nom de ses camarades, sa reconnaissance au Commandement de la Gendarmerie nationale pour l’initiative. Selon lui, ces journées ont constitué bien plus qu’une activité institutionnelle, en offrant aux blessés un espace pour évoquer leurs blessures, leurs difficultés, leurs inquiétudes, mais également leurs forces, leurs expériences et leurs projets. « Nous avons compris, à travers ces échanges, que nous ne sommes pas seuls », a-t-il déclaré, estimant que les blessés disposent toujours d’une place, de compétences et de capacités à apporter à l’institution et à la Nation.

Mahamadi Compaoré, représentant des blessés en opérations

Il a également souhaité que les recommandations issues des travaux puissent connaître une suite concrète et que la parole des blessés continue d’être entendue. Le représentant du Chef d’état-major de la Gendarmerie nationale, le Colonel Léonid Kiswendsida Diabri, a, pour sa part, relevé que la blessure en opérations peut profondément bouleverser une existence. Ses conséquences peuvent être physiques, mais aussi toucher l’équilibre psychologique, la vie familiale, les relations sociales et les perspectives professionnelles. Pour le Colonel Diabri, l’accompagnement du blessé doit donc être global. Il doit associer le Commandement, les services médicaux, sociaux et psychologiques, les structures chargées des ressources humaines, les partenaires institutionnels ainsi que les familles.

Colonel Léonid Kiswendsida Diabri, représentant du Chef d’état-major de la Gendarmerie nationale

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la prise en charge des blessés et de leurs familles, notamment dans les domaines médical, psychologique, social, familial, administratif et professionnel. L’une des principales leçons de ces 72 heures concerne la possibilité, pour les blessés, de poursuivre leur parcours professionnel. « La blessure peut changer la manière de servir, mais elle ne doit pas nécessairement supprimer la possibilité de servir autrement », a rappelé le représentant du Chef d’état-major. Cette orientation a également été défendue par le directeur de l’Action sociale et des Services psychologiques de la Gendarmerie nationale, le Capitaine Landry Maurice Darga.

Capitaine Landry Maurice Darga, directeur de l’Action sociale et des Services psychologiques de la Gendarmerie nationale

Il a souligné que les recommandations formulées au cours des travaux portent notamment sur le renforcement des mécanismes d’écoute et d’accompagnement psychosocial, l’accès aux soins spécialisés, la simplification de certaines démarches administratives et la consolidation de l’action sociale au profit des blessés et de leurs familles. La question de l’avenir professionnel a occupé une place importante dans les réflexions. Lorsque les capacités et les textes le permettent, l’adaptation des postes, la formation, la valorisation des compétences et l’accompagnement vers la reconversion devraient permettre aux blessés de continuer à contribuer à la vie de l’institution.

La remise du prix du plus résilient des blessé en opérations

« Derrière chaque blessure se trouvent un homme ou une femme, une famille, une histoire, des compétences et surtout un avenir », a fait remarquer le Capitaine Darga, assurant aux blessés qu’ils ne sont pas oubliés et qu’ils demeurent des leurs. Le parcours du chef Wendpouiré Herman Yameogo illustre cette volonté de reconstruire une nouvelle vie après une blessure. Blessé en avril 2022 à la suite d’une détonation provoquée par une grenade, il a bénéficié, selon son témoignage, d’un accompagnement médical ainsi que de suivis psychologiques et de visites. Aujourd’hui, il s’est engagé dans une reconversion. Il s’est réinscrit en informatique et exerce dans la création de sites et d’applications web.

Chef Wendpouiré Herman Yameogo

Il s’est également autoformé dans le dépannage électronique et la réparation d’ordinateurs. À cela s’ajoutent des activités dans le dépannage de volets roulants électriques, ainsi que dans l’élevage, la maraîchéculture et l’agriculture. Pour lui, les « 72 heures du blessé en opérations » constituent une initiative importante, notamment parce qu’elles favorisent l’esprit de camaraderie entre les blessés et permettent de s’occuper les uns des autres. Il a également salué le soutien reçu de la hiérarchie, de sa famille, de ses amis et de ses camarades blessés. La clôture des 72 heures a aussi été marquée par des activités récréatives destinées aux blessés.

La remise des prix des meilleurs joueurs des jeux sociétés

Des jeux de société organisés durant les trois jours ont donné lieu à une remise de prix. Le premier de chaque jeu a reçu une enveloppe de 25 000 francs CFA accompagnée d’une pièce de Faso Dan Fani, tandis que le deuxième a reçu 15 000 francs CFA et une pièce de Faso Dan Fani. Un prix particulier a également été décerné au blessé en opérations désigné comme le plus résilient, avec une récompense de 50 000 francs CFA plus un habit de Faso danfani. La cérémonie a par ailleurs été marquée par un don de la Gendarmerie nationale à la Direction de l’Action sociale et des Services psychologiques.

La photo de famille

Au terme de ces trois jours, le message porté par les responsables de la Gendarmerie nationale et les blessés converge vers une même conviction : la blessure ne doit pas constituer une rupture avec l’institution ni marquer la fin d’un projet de vie. Elle doit plutôt ouvrir la voie à un accompagnement permettant au blessé de retrouver sa dignité, son autonomie, sa place dans la société et, lorsque cela est possible, de continuer à servir autrement. Pour reprendre les mots du représentant des blessés, « la blessure peut changer le chemin, mais elle ne doit pas supprimer le projet de vie ».

Salfo zabré/ LA PLUME

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