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Syrie: Des rebelles renversent le régime de Bachar al-Assad

Des groupes rebelles syriens ont annoncé le dimanche 8 décembre 2024, à travers une déclaration diffusée à la télévision publique syrienne, la chute du président Bachar al-Assad, marquant un tournant historique dans la guerre civile qui déchire le pays depuis plus de 13 ans.

Est-ce la fin de l’ère de Bachar al-Assad ? A cette question, des groupes rebelles syriens sur la télévision publique syrienne ont répondu que Bachar al-Assad n’est plus le président de la Syrie. Ils ont précisé que Bachar al-Assad, après avoir fui la capitale, aurait quitté le pays en prenant un vol depuis l’aéroport international de Damas, quelques heures avant l’évacuation des forces armées et de sécurité par les autorités syriennes. Toutefois, la localisation exacte du président déchu reste inconnue à ce jour, suscitant des spéculations quant à son futur et celui de son régime.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), dirigé par Rami Abdel Rahmane, a confirmé l’évacuation des lieux stratégiques par les forces fidèles au régime, mais a souligné que la situation demeurait floue, avec un flou total sur le destin d’Assad. Certains analystes estiment qu’il pourrait se réfugier dans l’une des zones sous contrôle de ses alliés russes ou iraniens. Mazloum Abdi, le commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition militante principalement composée de combattants kurdes, a salué cette victoire comme « un moment historique pour le peuple syrien ». Il a évoqué la fin d’une « ère d’oppression », se réjouissant de la « chute du régime autoritaire à Damas ».

Dans son discours, Abdi a souligné que la Syrie devait désormais se tourner vers l’avenir, en bâtissant une « nouvelle Syrie démocratique et juste, où les droits de tous les citoyens seront respectés ». Les groupes rebelles espèrent que la fin du régime d’Assad ouvrira la voie à un gouvernement plus inclusif, capable de respecter les diversités ethniques et religieuses du pays, ainsi que les revendications politiques qui se sont intensifiées depuis le début du conflit en 2011. Mohamed al-Jalali, le Premier ministre syrien, a déclaré être prêt à collaborer avec toute nouvelle autorité issue du peuple, affirmant superviser une transition de pouvoir. Le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), l’une des factions rebelles ayant mené l’offensive contre Damas, a également réagi à l’annonce de la chute d’Assad.

Son chef a appelé ses combattants à respecter les institutions publiques et à garantir une transition ordonnée du pouvoir, sous la direction de l’ancien Premier ministre. Ce message visait à éviter le chaos et à organiser le passage pacifique à un nouveau régime, tout en assurant la protection des infrastructures publiques et des biens de l’Etat. On apprend aussi que les commandants de l’armée et les chefs des renseignements à Damas qui ont accepté coopérer avec l’opposition en Syrie ont dissous l’armée du régime. Aussi, dans la matinée du 8 décembre 2024, des scènes de liesse ont envahi le centre de Damas. Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place des Omeyyades, lieu emblématique de la capitale syrienne, pour marquer la fin du régime de Bachar al-Assad.

Des tirs en l’air ont retenti, accompagnés de cris de « Allahu Akbar » de la part des manifestants pour marquer leur joie. Des manifestants ont même renversé et piétiné une statue de Hafez al-Assad, le père de Bachar, qui avait dirigé la Syrie pendant près de trois décennies avant la montée de son fils au pouvoir. Pour l’instant, aucune réaction des alliés du régime de Bachar al-Assad notamment la Russie et l’Iran qui ont été toujours à ses côtés. Mais la communauté internationale, qui a longtemps été divisée sur le dossier syrien, pourrait jouer un rôle crucial dans l’accompagnement de cette transition et dans l’établissement d’une paix durable.

Tarik Ouédraogo

LA PLUME

 

 

 

 

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