Société
A la Une

Burkina/Concept « Sécurité S 24/7 » : Des ouagavillois apprécient l’initiative

Le ministère de la Sécurité a procédé, le 3 avril 2025 à Ouagadougou, au lancement officiel du concept « Sécurité S 24/7 ». À cette occasion, une équipe de LA PLUME est allée à la rencontre des usagers de la route afin de recueillir leurs impressions sur cette initiative innovante.

Ce nouveau dispositif allie technologie de vidéo-protection et intervention de police-secours. Il marque une avancée significative dans la lutte contre l’insécurité en milieu urbain, en s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication (TIC). Grâce à ce système, les villes bénéficient désormais d’une surveillance renforcée, permettant aux forces de l’ordre de détecter et de réagir rapidement face à des comportements suspects, notamment sur les axes routiers. Pour Moumouni Badini, étudiant en mathématiques, physique et informatique, cette initiative est louable pour un pays comme le Burkina Faso, confronté à des défis sécuritaires. « Le développement d’un pays commence par la sécurisation. Un pays non sécurisé ne peut pas se développer », affirme-t-il.

Moumouni Badini, étudiant en mathématiques, physique et informatique

Selon lui, ce système présente de nombreux avantages, notamment en incitant les usagers à respecter les feux tricolores, ce qui contribue à réduire les accidents de la route. « C’est une initiative qui sensibilise la population aux délits qu’elle peut commettre », a-t-il souligné tout en ajoutant que ce dispositif facilite l’identification des personnes suspectes. « On voit souvent des cas d’accidents en pleine circulation où quelqu’un percute une personne causant parfois la mort et prend la fuite. Mais avec les caméras, il est facile de lancer des recherches  grâce aux images exploitées et permettre à la police de retrouver la personne », explique M. Badini. Le jeune étudiant en mathématiques, physique et informatique suggère que le gouvernement étende ce système de vidéo-protection à l’ensemble du territoire national, pour une sécurisation généralisée. En allant plus loin, LA PLUME a croisé Marie Jeanne Dao qui estime que ce concept « Sécurité S 24/7 » est une très bonne initiative, car elle permet aux autorités et aux forces de sécurité de mieux suivre les événements, notamment en cas d’accident ou d’agression en circulation.

Marie Jeanne Dao, usager de la circulation

« Ce concept, c’est déjà quelque chose de bien. Je pense que c’est aussi à nous, la population, de continuer à respecter le code de la route et à être des citoyens responsables », a-t-elle conseillé. De son point de vue, l’intégration de ces nouvelles technologies aura un impact positif à long terme sur la sécurité routière. « Avec les caméras, je vois que beaucoup de gens s’arrêtent aux feux tricolores, ce qui n’était pas le cas avant », observe-t-elle. Elle a fait savoir que ce système a modifié son propre comportement sur la route, confiant que : « Avant, si j’étais en retard et que le feu était rouge, je brûlais le feu si je ne voyais pas de danger. Mais aujourd’hui, je m’arrête ». En revanche, Marie Loti Toé, scénariste, affirme ne pas avoir entendu parler du concept « Sécurité S24/7 ». Pour elle, dire que l’on se sent en sécurité grâce à la vidéo-protection est un peu exagéré. Voir les caméras peut dissuader, mais cela reste insuffisant tant qu’il n’y a pas de caméras dans les quartiers.

Marie Loti Toé, scénariste

« Par exemple, si une personne suivie par les caméras entre dans un quartier non équipé, comment la localiser ? », s’interroge-t-elle. Marie Loti Toé propose que le gouvernement installe des caméras dans toute la ville de Ouagadougou, en priorité dans les quartiers non lotis, où l’insécurité est plus marquée. Selon elle, les nouvelles technologies ne suffisent pas à discipliner les citoyens burkinabè sans un cadre répressif. Elle nous partage son expérience personnelle. « Mon sac a été arraché en plein jour par un inconnu dans un quartier. J’ai déposé une plainte au commissariat, mais je ne l’ai jamais retrouvé. Peut-être qu’avec des caméras, cela aurait été possible. » Pour conclure, elle reconnaît que ce système est avantageux pour les usagers de la voie publique, car il peut contribuer à réduire les actes d’insécurité, même s’il ne les éliminera pas complètement.

Némata Kaboré (Stagiaire)

LA PLUME

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page