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Recherche scientifique et souveraineté dans les pays de l’AES: Le RISA réfléchit autour d’un panel

Le Rassemblement des Intelligences pour une Souveraineté de l’Afrique (RISA) a animé, ce samedi 26 juillet 2025 à l’Université Joseph Ki-Zerbo, le deuxième panel international de l’AES, placé sous le thème principal : « Recherche scientifique et construction de la souveraineté des pays de la Confédération de l’AES ».

Le Présidium à l’ouverture du panel

Ce panel visait à réfléchir aux liens entre la recherche scientifique et la souveraineté. Il s’agissait notamment de répondre aux questions suivantes : comment mettre la recherche scientifique au service de la souveraineté ? Comment faire en sorte que les universités et les chercheurs adoptent une approche plus pratique et pragmatique ? Et comment orienter les travaux de recherche afin qu’ils contribuent efficacement à la souveraineté des pays membres de la Confédération ? Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Potiandi Serge Diabouga, chargé de mission au sein du cabinet du MESRI, a indiqué que le ministère en charge de la recherche a pour mission essentielle de produire des savoirs scientifiques et techniques, mais aussi de collecter les savoirs endogènes dans le but de les transmettre aux générations montantes. Ces dernières, selon lui, ont le devoir de se les approprier et de contribuer à renforcer la souveraineté des États.

Le représentant du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Potiandi Serge Diabouga

M. Diagbouga a précisé qu’au sein du ministère, un certain nombre de réformes ont été engagées depuis l’arrivée du ministre Thombiano à la tête du département. Ces réformes sont à la fois structurelles et orientées vers la création de nouveaux écosystèmes permettant à la science de soutenir efficacement le développement. Potiandi Serge Diagbouga a également évoqué une récente initiative régionale tenue à Bamako, qui a rassemblé le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Elle visait à renforcer la coopération dans plusieurs domaines, notamment l’éducation et la recherche. Plusieurs points essentiels y ont été abordés, contribuant à la souveraineté régionale, notamment :L’harmonisation des politiques d’enseignement supérieur entre les pays membres de l’AES , le financement de la recherche et la mobilité des étudiants et des enseignants au sein de la Confédération.

Pour le coordinateur national du RISA, Adama Siguiré, « rien ne peut arrêter la Confédération des États du Sahel. C’est un chemin de non-retour ». Adama Siguiré a souligné que le message adressé aux impérialistes est clair :« Par le passé, il y a eu un malentendu. Un mythe a été construit autour de la science. On nous a fait croire à sa neutralité, on nous a fait croire que la science était européenne, blanche, et que nous, Africains, devions suivre ce que les autres nous imposent. Par ce panel, nous voulons déconstruire ce mythe, démystifier ce mensonge, parce que la science est dynamique».Le coordinateur a insisté sur le fait que, partout dans les universités, la science doit être mise au service de la construction de la souveraineté des États.

Dr Adama Siddo, enseignant-chercheur à l’Université André Salifou de Zinder

Selon Dr Adama Siddo, enseignant-chercheur à l’Université André Salifou de Zinder (République du Niger), l’un des panélistes dont l’intervention portait sur « les enjeux du savoir endogène, notamment des humanités endogènes, dans la souveraineté de l’AES », la réflexion actuelle sur la déconstruction des savoirs, telle qu’évoquée par Adama Siguiré, correspond pleinement à leur réalité. Contrairement au mythe qui entoure la science, l’université n’est pas en dehors des sociétés : elle en est un acteur clé, notamment dans le processus de refondation des États du Sahel. L’enseignant-chercheur a précisé qu’ils étaient venus présenter une nouvelle approche, qui invite à reconstruire la science, à reconstruire les sociétés, mais surtout à repenser la manière d’appréhender la connaissance en Afrique. Cela est particulièrement vrai dans les trois pays membres, où les curricula universitaires restent encore largement fondés sur l’héritage colonial, qu’il convient naturellement de déconstruire.« Pour refonder cette science, nous devons être nous-mêmes. C’est cela, l’enjeu principal de cette conférence : se réapproprier nos cultures, nos langues, nos savoirs endogènes, et les appliquer à notre réalité », a-t-il conclu.

Adjaratou Séré 

LA PLUME 

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