Société

Inauguration de la Banque nationale de gènes phytogénétiques : Un pas décisif vers la souveraineté alimentaire

Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, des Ressources animales et halieutiques, le Commandant Ismaël Sombié, représentant le Premier ministre, chef du gouvernement, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo et la co-présidence du ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima Thiombiano, ont procédé à la cérémonie officielle d’inauguration de la Banque nationale de gènes phytogénétiques (BNGP) capable de conserver les semences céréalières pendant 40 ans. C’était ce vendredi 19 décembre 2025, au sein de l’Université Thomas Sankara, dans la commune de Saaba. 

Entièrement financé sur fonds propres

La vision de la BNGP est de constituer un véritable coffre-fort du patrimoine génétique végétal national, en mettant la diversité génétique à la disposition des utilisateurs, afin de garantir la sécurité et la souveraineté alimentaires du Burkina Faso. Prenant la parole, le ministre en charge de l’Enseignement supérieur , Pr Adjima Thiombiano a souligné que les semences constituent le premier levier de productivité et de résilience de l’agriculture. Selon lui, les ressources phytogénétiques jouent un rôle déterminant dans la construction de la souveraineté alimentaire. Elles englobent aussi bien les variétés traditionnelles que les cultivars modernes, ainsi que certaines espèces sauvages apparentées.

coupure du ruban marquant l’inauguration officielle

Pour le Pr Adjima Thiombiano, ce patrimoine génétique constitue la base de la sélection variétale, de l’amélioration des rendements agricoles et de l’adaptation aux stress éco-climatiques. «Si nous laissons disparaître cette richesse, nous perdrions une part essentielle de notre autonomie semencière et compromettrions notre capacité à faire face aux défis alimentaires futurs », a-t-il averti. Il a par ailleurs indiqué que la diversité agricole est en net déclin, avec une érosion génétique croissante qui menace, à terme, la sécurité alimentaire nationale, la dignité et même l’existence du pays.

Le ministre en charge de l’enseignement supérieur, Pr Adjima Thiombiano

C’est dans cette perspective, et conformément à la vision du Chef de l’État, le Capitaine Ibrahim Traoré, que le gouvernement a entièrement financé, sur fonds propres, la construction de la Banque nationale de gènes phytogénétiques, répondant aux standards internationaux. Le ministre a également souligné que la BNGP est naturellement positionnée pour jouer un rôle stratégique au niveau sous-régional. A l’en croire ,dans un contexte mondial marqué par une forte demande en ressources génétiques et en données de séquençage, la BNGP devra devenir un outil central de gouvernance stratégique, capable de protéger les intérêts nationaux face aux enjeux géopolitiques contemporains tels que le bio-piratage, le droit de propriété intellectuelle, le brevetage du vivant et l’exploitation non régulée des séquences numériques.

Les officiels lors de l’inauguration

Abordant la question de la réussite des campagnes agricoles, le Pr Thiombiano a rappelé que plusieurs facteurs doivent être réunis. Si le courage et l’engagement des producteurs sont essentiels, les intrants, notamment les semences, jouent un rôle tout aussi déterminant. « La BNGP permettra de conserver toutes ces semences, qu’elles soient traditionnelles ou issues de croisements, en un seul lieu, afin de rassurer nos producteurs et d’améliorer durablement les rendements », a-t-il déclaré. Il a annoncé que toutes les variétés actuellement conservées dans de petits laboratoires, disséminés au plan national ou à l’étranger, seront progressivement rapatriées et centralisées au sein de la BNGP. Pour clore ses propos, le ministre a affirmé que cette réalisation constitue un accomplissement majeur du gouvernement, en droite ligne avec la Révolution progressiste populaire (RPP), et qu’elle contribue à la reconquête de la souveraineté alimentaire nationale.

le Dr Soungalo Soulman, chercheur à l’INERA, département Environnement et Forêt, par ailleurs SP -CONAGREP

De son côté, le Dr Soungalo Soulman, chercheur à l’INERA, département Environnement et Forêt, par ailleurs SP -CONAGREP, a indiqué que la BNGP est un instrument stratégique, car elle révèle la face souvent invisible de la production agricole : les variétés de semences. Selon lui, la Banque nationale de gènes phytogénétiques offrira aux chercheurs les ressources nécessaires pour développer des variétés améliorées, adaptées aux différents contextes éco-climatiques. En plus de lutter contre l’érosion génétique, la BNGP permettra également de centraliser et de valoriser les informations générées par les agriculteurs et les chercheurs.

La photo de famille

Ces informations, associées aux variétés à travers des codes et des étiquettes, fourniront des données précises sur leurs caractéristiques et leurs usages potentiels, que ce soit en agriculture, en agroalimentaire ou en culture fourragère. L’infrastructure comprend notamment une chambre de traitement des semences, une chambre de conditionnement, une chambre de fumigation, une aire de séchage et de battage, un hall de traitement des récoltes, des serres, des parcelles de régénération, une collection vivante ainsi qu’un local administratif.

Adjaratou Séré/ LA PLUME

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