Mali-Algérie: « Ce sont des voisins et des frères et on doit régler les problèmes entre Africains »

Le président de la Fédération Assalam International, Mohamed Doumi, s’est exprimé, le 13 juillet 2026, sur plusieurs sujets majeurs de l’actualité nationale et sous-régionale. Revenant sur les attaques terroristes du 30 juin 2026 contre les positions des Forces armées nationales (FAN) à Gayéri, Solhan et Sebba, ainsi que sur les récentes attaques enregistrées au Mali, il a salué la résilience des forces combattantes. Il s’est également prononcé sur la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, la reprise des relations entre le Mali et l’Algérie, tout en réaffirmant son soutien au capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso.
Pour Mohamed Doumi, les succès enregistrés par les Forces armées nationales du Burkina Faso et les forces maliennes face aux groupes armés terroristes méritent la reconnaissance de tous. Il a invité les populations à rendre hommage aux sacrifices consentis par les combattants engagés sur les différents fronts. « Tout d’abord, on doit remercier et encourager la bravoure de nos Forces de défense et de sécurité. Il faut les encourager pour la défense de la patrie. Dans le cadre de l’AES, nous sommes solidaires avec le Burkina, le Mali et le Niger », a-t-il déclaré. Selon lui, les groupes armés qui sévissent dans le Sahel bénéficient d’appuis extérieurs et de complicités internes.
« Les mouvements qui sont là, sont manipulés. Ils sont financés, soutenus, avec des complicités à l’intérieur. L’impérialisme finance, conseille et manœuvre pour déstabiliser le Burkina, le Mali et le Niger afin de faire casser l’AES », soutient-il. Le président de la Fédération Assalam International estime également que la lutte contre le terrorisme ne peut être efficace sans une meilleure prise en charge de la jeunesse. A ses yeux, le chômage et le manque de perspectives favorisent le recrutement des jeunes par les groupes terroristes.
« On approche un jeune, on lui donne de l’argent, on utilise la drogue. Il va se vendre. Il faut donner du travail aux jeunes, créer des coopératives et financer des petits projets pour les éloigner des mauvaises voies et du terrorisme », a-t-il plaidé, tout en appelant au renforcement des services de renseignement afin de prévenir les infiltrations et les complicités. Abordant la rupture des relations diplomatiques entre le Burkina Faso et la France, Mohamed Doumi considère qu’il s’agit d’une décision qui relève pleinement de la souveraineté de l’État burkinabè.
« Le Burkina est indépendant et a le droit de rompre avec un pays qui nuit à ses intérêts. C’est un droit absolu. Il est libre de faire la coopération avec n’importe quel pays, mais dans un cadre légal et d’égal à égal », a-t-il affirmé. Il n’exclut toutefois pas un éventuel rapprochement entre les deux États, à condition que les relations reposent sur le respect mutuel. « Le Burkina a le droit de reprendre ses relations si la France respecte sa souveraineté et que les intérêts sont réciproques », ajoute-t-il. Interrogé sur la gouvernance du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, Mohamed Doumi lui a renouvelé son soutien.
« Je le soutiens, car il est sur la bonne voie. Construire une nation n’est pas facile. Il faut du courage et une grande volonté. Il est en train de construire des routes, des hôpitaux et d’autres infrastructures. Nous lui souhaitons la bonne santé et le courage », a-t-il indiqué. Evoquant enfin la reprise des relations diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, le président de la Fédération Assalam International s’est réjoui de cette évolution, qu’il considère comme bénéfique pour les peuples de la sous-région.
« C’est une bonne chose. Ce sont des voisins et des frères et on doit régler les problèmes entre Africains. Je souhaite de bonnes relations, le bon voisinage, le développement économique et social ainsi que le respect mutuel », a-t-il conclu, avant de formuler des prières pour le retour de la paix et d’avoir une pensée pour « tous les FDS et les VDP tombés au champ d’honneur ».
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



