[ÉDITO]- Discours du président du Faso lors de la Journée de l’excellence: Le «Wazou» révolutionnaire du Capitaine IB

Devant les élèves, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, a livré un discours digne d’un sermon, sans langue de bois. Si d’aucuns estiment qu’un chef d’État doit faire prévaloir la diplomatie dans ses prises de parole, le capitaine Ibrahim Traoré, lui, dit niet. Pour lui, en révolution, les choses doivent être dites sans détours ni faux-fuyants.
Devant un auditoire d’une centaine d’élèves, à l’occasion de la Journée de l’excellence, tenue le vendredi 4 septembre 2026, le président du Faso est remonté à plus d’un siècle pour évoquer l’histoire politique des Noirs. Mais ce qui demeure le plus poignant reste la « genèse » de son propos sur la religion. Avant de prononcer son homélie, et donc son « Wazou », le chef de l’État a déclaré : « Pardonnez-moi pour ce que je vais dire». Sûrement, nombreux seront ceux qui ne comprendront pas le message que le président du Faso veut faire passer. Normal ! Un révolutionnaire ne cherche ni à plaire ni à déplaire, mais à dire ce qu’il considère comme la vérité.
Le capitaine Ibrahim Traoré estime que la mauvaise compréhension de la religion «rend bête, très bête ». Mais au-delà de ce propos à connotation religieuse, le chef de l’État veut mettre en lumière certaines dérives dont certains individus se servent de la couverture religieuse pour commettre des forfaits, au risque d’exposer la population, surtout dans un contexte sécuritaire difficile.Certes, c’est un message difficile à saisir, comme le président du Faso l’a si bien dit : «Certains peuvent ne pas comprendre mon message », surtout les profanes en la matière.
Mais pour les érudits, cette intervention vient à point nommé. Elle permet aussi de rompre avec la monotonie des éternelles « questions sensibles ». Bref ! C’est un message révolutionnaire, qui n’a rien à voir avec une quelconque religion, encore moins avec la volonté de toucher à la foi d’autrui.
Il s’agit tout simplement de poser un diagnostic, parfois iconoclaste et déroutant, afin de mieux cerner certains maux susceptibles de fragiliser la cohésion nationale. Derrière la rudesse du verbe se dessine ainsi une volonté de dessiller les consciences et de soumettre certaines certitudes à l’épreuve de la lucidité. Des propos qui peuvent heurter, mais dont la portée mérite d’être auscultée au-delà des apparences et des clivages.
La Rédaction



