ISTIC: Séri Baoula décroche 18/20 avec une étude sur le traitement de la diplomatie par la RTB

Le journaliste Séri Baoula, désormais conseiller en journalisme, a obtenu la note de 18/20 à l’issue de sa soutenance à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC). Son travail de recherche a porté sur le traitement des activités du ministère des Affaires étrangères dans le journal télévisé de 20 heures de la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB) au cours de l’année 2024. Une étude qui met notamment en évidence la prédominance des comptes rendus dans la couverture des activités diplomatiques.

L’année 2024, considérée comme charnière, a constitué le cadre de cette recherche consacrée à la manière dont la RTB traite les activités du ministère des Affaires étrangères, particulièrement celles relatives à la diplomatie. L’étude s’est intéressée à la nature des productions journalistiques, à leur durée, à leur tonalité ainsi qu’aux différents angles retenus dans le traitement des sujets. « Il s’agissait de voir un peu comment la RTB, dans le cadre de cette année charnière de 2024, a traité les activités du ministère des Affaires étrangères concernant la diplomatie », a expliqué Séri Baoula.

Pour mener à bien cette recherche, le journaliste a examiné l’ensemble des journaux télévisés de 20 heures diffusés au cours de l’année 2024. « Nous avons analysé les 366 journaux télévisés, durant l’année 2024 », précise-t-il. Ce corpus a permis de recenser 142 sujets consacrés exclusivement aux activités du ministère des Affaires étrangères. L’analyse a porté notamment sur la place occupée par les reportages, les comptes rendus, les analyses, les commentaires, les interviews et les entretiens.
Les résultats de l’étude font ressortir une forte présence des comptes rendus dans le traitement des activités diplomatiques. « Nous sommes arrivés à la conclusion que de plus en plus, de façon générale, on retrouve beaucoup de comptes rendus dans les journaux de 20 heures », relève Séri Baoula. Les dossiers et les analyses, eux, apparaissent beaucoup plus rarement dans le corpus étudié. Cette situation pourrait notamment s’expliquer par la nature officielle de certaines activités couvertes, ainsi que par les difficultés inhérentes au traitement de plusieurs questions diplomatiques.
A partir de ces constats, le chercheur a formulé plusieurs recommandations à l’endroit de la RTB et du ministère des Affaires étrangères. Il préconise notamment le renforcement de la formation des journalistes sur les questions diplomatiques. Il recommande également l’instauration d’un cadre de dialogue entre journalistes et diplomates, afin de faciliter la compréhension des éléments de langage, des questions géopolitiques et des enjeux liés à la diplomatie. Pour Séri Baoula, une meilleure maîtrise des concepts et de la terminologie propres à ces domaines contribuerait à renforcer la qualité du traitement journalistique.
« Il faut toujours travailler à mieux former les journalistes, notamment sur la question de terminologie, le concept de géopolitique, afin qu’ils puissent rendre les papiers plus intéressants au bénéfice de la nation moderne », estime-t-il. Au terme de deux années de formation et de recherche, la qualité du travail présenté a été sanctionnée par la note de 18/20. Une appréciation qui constitue une satisfaction pour le désormais conseiller en journalisme. « La note de 18 est excellente. Cela traduit le sérieux dans le travail, et surtout l’engagement », a-t-il affirmé. Cette note vient récompenser un travail reposant sur l’exploitation d’un important corpus documentaire et l’analyse de nombreux contenus journalistiques.
« Nous avons beaucoup travaillé sur la qualité des documents, notamment les personnes-ressources, et notamment l’analyse du contenu », a-t-il expliqué. Mais au-delà de cette performance académique, Séri Baoula entend inscrire cette recherche dans une dynamique de perfectionnement des professionnels des médias sur les questions diplomatiques. « Nous sommes heureux, mais il y a encore un défi à relever », a affirmé Séri Baoula.
Djamal Ouédraogo/LA PLUME



