Société
A la Une

CENOU/Réajustement à 65 plats par étudiant: «C’est le choix de ne laisser personne au bord du chemin»

Le Centre national des œuvres universitaires (CENOU) a organisé une conférence de presse ce mercredi 25 février 2026 au sein de son siège, situé à Kossodo. Cette rencontre avec les médias portait sur le réajustement du nombre de plats servis par étudiant et par mois dans les restaurants universitaires. L’objectif de cette conférence était d’éclairer l’opinion publique à la suite du communiqué du 11 février 2026 relatif à cette mesure, qui a suscité une vive polémique sur les réseaux sociaux. Pour le le directeur général du CENOU, le Pr Noël Thiombiano, ce réajustement à 65 plats par étudiant dans le mois s’inscrit dans la dynamique  «de ne laisser personne au bord du chemin». Cette mesure permettra d’intégrer immédiatement jusqu’à 3 800 nouveaux bénéficiaires tout en préservant la continuité du service.

« Je tiens à préciser que le communiqué n°2026-0001 MESRI/SG/CENOU/DG du 11 février 2026 émane bien du CENOU. Il reflète la réalité des défis que nous affrontons collectivement ainsi que les choix courageux, mais nécessaires, que nous faisons pour préserver et étendre l’accès aux services essentiels au plus grand nombre d’étudiants », a déclaré le directeur général du CENOU, le Pr Noël Thiombiano, lors de la conférence de presse. Selon lui, face à l’augmentation exponentielle de la population étudiante, le système de gestion manuel et analogique a atteint ses limites. « L’authenticité du communiqué traduit une volonté de rupture avec l’inefficacité. Désormais, la restauration universitaire s’intègre pleinement dans l’écosystème numérique du CENOU à travers la plateforme C’Resto », a-t-il indiqué.

Présidium lors de la conférence de presse

Abordant la situation de la restauration universitaire, le directeur général a dressé un diagnostic marqué par l’insuffisance quantitative de plats dans certains restaurants, la qualité variable des repas ainsi que des temps d’attente excessifs, allant de 45 minutes à une heure pour être servi. Ces difficultés s’expliquent notamment par un manque de personnel, des contraintes techniques et certains défis organisationnels. Pour y remédier, le CENOU affirme agir sur plusieurs fronts, notamment le recrutement de 20 contrôleurs de restaurant en 2023 et en 2025 afin de renforcer les équipes, ainsi que l’intensification des contrôles internes et externes pour améliorer la qualité des repas servis. Le Pr Noël Thiombiano a toutefois souligné que le défi majeur demeure l’insuffisance du nombre de plats face à une demande en forte croissance. Cette situation résulte principalement de deux phénomènes structurels : l’explosion de la population estudiantine, liée notamment aux bons taux de réussite au baccalauréat (63 535 nouveaux bacheliers en 2024 et 62 500 en 2025, soit des taux de succès respectifs de 52,61 % et 56,61 %), et la crise sécuritaire qui a fragilisé de nombreuses familles, devenues pour certaines des personnes déplacées internes (PDI), réduisant ainsi les soutiens financiers et alimentaires aux étudiants.

Le directeur général du CENOU, le Pr Noël Thiombiano

Face à cette réalité, deux leviers ont été identifiés explique le DG du CENOU : augmenter l’offre et réguler la demande de manière équitable. Du côté de l’offre, le M. Thiombiano a rappelé les efforts consentis par l’État, notamment le remboursement massif des dettes, avec plus de 2 milliards de FCFA payés en 2023 pour les deux plus grands restaurants universitaires. Il a également évoqué l’augmentation progressive du budget de la restauration universitaire, passé de 6,96 milliards de FCFA en 2022 à 7,8 milliards en 2023, 8,4 milliards en 2024, 9 milliards en 2025 et 9,6 milliards de FCFA en 2026, représentant 93,6 % de la subvention totale accordée par l’État. À cela s’ajoutent des efforts exceptionnels pour la normalisation des années académiques, avec 1,1 milliard de FCFA mobilisé en 2024 et 790 millions en 2025 pour assurer la restauration durant les mois d’août et septembre, période de vacances universitaires.

La presse

« Malgré ces investissements considérables, la pression reste très forte. Certains restaurants enregistrent encore des dépassements, avec par exemple 230 millions de FCFA de restes à payer en 2025, ce qui menace la pérennité du service », a-t-il confié. Du côté de la demande, le CENOU a opté pour une mesure de rééquilibrage solidaire. Ainsi, afin qu’aucun nouvel étudiant, notamment ceux issus des zones en crise, ne se retrouve sans ticket de restauration, le plafond a été ajusté à 65 repas par mois. Cette mesure permettra d’intégrer immédiatement jusqu’à 3 800 nouveaux bénéficiaires tout en préservant la continuité du service. «C’est le choix de ne laisser personne au bord du chemin. Concrètement, cela garantit deux repas par jour déjeuner et dîner pour tous les étudiants, soit environ 60 plats mensuels, sans suppression de repas, auxquels s’ajoutent cinq plats supplémentaires utilisables en cas de besoin réel », a conclu le directeur général.

Adjaratou Séré/LA PLUME

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page